Le tabac tue et personne ne conteste cette vigoureuse action menée par les Autorités : chaque fumeur est conscient et sait les risques qu’il prend et ses inconvénients pour son entourage ! L’alcool quant à lui, c’est le grand silence et cependant, tous les jours ou presque, les médias signalent un accident de voiture ou autre meurtre sous influence de l’alcool dont les tribunaux tiennent compte pour atténuer les peines !
Pourquoi 2 poids, 2 mesures ?
Je suis ce que l’on appelle « un alcoolique mondain », jamais saoul mais j’en étais arrivé à ne plus pouvoir me passer de boire chaque jour ces quelques verres de vin « qui ne font pas de tort », au dire de certains médecins.
Depuis 18 mois, j'ai arrêté tout alcool et aujourd'hui parfois "tenu" de boire ne fut-ce qu'un verre de champagne (que j'adore toujours) ou 1 verre de vin (que j'apprécie toujours), je sens immédiatement me monter à la tête des fourmillements pour le moins désagréables !
C'est donc fini et bien fini, je ne bois plus même pour faire plaisir !
Il y a 18 mois, je me suis retrouvé seul, abandonné par une merveilleuse compagne et tenu à distance par mes trois enfants qui « ne reconnaissaient « plus leur père. Même parmi la vingtaine d’amis que nous recevions régulièrement pour des dîners festifs (j’adorais recevoir et cuisiner) pas un seul n’a pris de mes nouvelles après la séparation !
18 mois de solitude et je remercie cet entourage d’avoir agi de la sorte : ils m’ont fait un cadeau merveilleux car j’ai, par la force des choses, été obligé de réfléchir à mon passé et surtout à me reprendre en main.
Aujourd’hui quel bonheur, je suis un nouvel homme et chaque jour, je me réveille plein d’entrain, avec des projets, bref je revis ou je vis enfin ! Même pensionné, mes journées sont trop courtes !
En perdant, il y a 18 mois ma seule personne que j’aimais d’amour, ce fut le choc et je ne sais pas par quelle aide, venue de je ne sais où, j’ai stoppé net de boire et décidé de gérer ma vie en toute liberté.
Ce qui m’a le plus aidé, c’est la découverte par la et les lectures approfondies de la philosophie bouddhiste détaillant par le raisonnement le plus implacable, la voie de la cessation de la souffrance. Chaque fois, que je sentais mon moral s’affaiblir, je replongeais non plus dans l’alcool mais bien dans l’approfondissement de cette super philosophie.
De jour en jour, après un mois d’abstinence complète et soutenu par mes découvertes dans ces lectures, je me suis senti de mieux en mieux : physiquement d’abord, j’ai perdu cette vilaine silhouette ventrue qu’ont tous les buveurs et après 2 mois, j’avais perdu 10 kgs de mauvaise graisse et retrouvé ma ligne de mannequin. J’ai retrouvé l’amour inconditionnel de mes enfants et petits-enfants. Ils ont retrouvé leur père et grand-père. Que du bonheur ! Le vrai !Celui que l’on construit soi-même, à l’intérieur de soi, sans chercher en vain, des béquilles ailleurs : il est en nous !
Ce bonheur provient d’une source de joie qui émane chaque matin du plus profond de mon être comme jaillissante au niveau du plexus…
Au point qu’aujourd’hui, en pleine forme physique et mentale, je suis devenu bénévole auprès des personnes en fin de vie, totalement dépendantes.
J’y passe la plus grande partie de tous les w-e. Oui, cette source de bonheur, je veux la faire partager car j’ai besoin de donner et encore donner de l’amour, de la tendresse, besoin de soulager la douleur de ceux qui souffrent…Ce qui me rend plus heureux encore. Cadeau : j’ai donné un sens à ma vie. Et que dire de ma condition physique : plus de maux de dos, je marche tous les jours une à deux heures dans les bois pour le plus grand bonheur du seul compagnon qui m’a suivi, mon adorable chien !
J’ai repris une vie saine, programmée dont je décide le déroulement moi-même. Et de nouveaux amis reviennent manger chez moi, ma bonne cuisine, mijotée, saine et …biologique sans vin ! Ni apéro, si ce n’est sans alcool. Les soirées sont avec eux, merveilleuses, pleines d’échanges intéressants. On se quitte dans la nuit avec un réel regret.
Avant, je parlais, « je radotais » maintenant, je les écoute et temps en temps, j’émets un avis pour les aider. J’apprends beaucoup ! Ayant tourné et retourné dans ma tête ce changement produit en moi, me permet de conclure que l’alcool ne tue pas seulement physiquement ceux qui boivent (cirrhose, rhumatisme, destruction des cellules du cerveau, perte d’indépendance physique, déchéance etc.…), mais tue le couple, le rapport avec les enfants, amis, la société et soi même !
Un véritable suicide !
Je passerai les accidents de la route etc. etc.
Je n’aime plus parler de moi, mais je me dois d’attirer l’attention sur les bienfaits de l’abstinence totale, oui totale car l’organisme s’en ressent presque immédiatement : l’alcool se digère et doit s’éliminer par le foie, qui est aussi la foi de la vie. S’il est chargé chaque jour, voir surchargé, l’enthousiasme disparaît et toutes les conséquences sont immédiates : mal à la tête, mal dans sa peau, d’où mauvaise humeur, colère, voire violence et pas de la faute des autres. Non ! Nous sommes seuls responsables de notre penchant et de ses conséquences douloureuses.
Jamais de ma vie, je ne me suis senti aussi bien. J’ai l’impression de recommencer ma vie et je me ressens comme un adolescent, plein de force et d’enthousiasme. J’ai repris une formation en médecine chinoise, je continue à approfondir et à pratiquer la philosophie bouddhiste, une découverte extraordinaire et simple pour découvrir le vrai bonheur et devenir maître de son mental et non plus l’esclave de ses nombreuses pensées perturbatrices. Je ne vis plus dans les illusions et rêves d’alcooliques qui vont refaire le monde : l’éveil vient petit à petit : que de découvertes profondes !
Je vis minute après minute et je profite de l’instant présent en attendant le suivant avec impatience.
Que la vie est belle sans alcool !
Cette confession, je la dois à ceux qui m’ont connu et à ceux qui ne savent pas.
B.LACROIX.