De la mémoire cellulaire…
            … à l’intelligence cellulaire.

J’ai l’immense plaisir de vous annoncer la parution de mon nouvel ouvrage. On est toujours fier de ses bébés.

Après Mes cellules se souviennent… 1, la suite : … et si mes cellules savaient apprendre ? présente l’intérêt de remettre au clair et surtout au goût du jour des notions qui étaient, à l’époque, toutes nouvelles et semblent depuis être entrées dans les mœurs.

Treize ans entre deux ouvrages, ça peut paraître long, mais je constate que ce laps de temps m’a permis une maturation non seulement au niveau des idées mais aussi au profit de la technique. Ce n’est pas le plus important. S’il est bien évident que l’on ne peut parler que de ce que l’on connaît bien, à plus forte raison lorsqu’il s’agit d’une création à laquelle on a consacré toute sa vie professionnelle, et si par voie de conséquence je présente une mise à jour de la technique d’Analyse et Réinformation Cellulaire, je ne méprise pas pour autant les autres techniques, qu’elles s’adressent au corps, à l’esprit ou, mieux encore, aux deux ensemble.

On ne se relit jamais assez, et on ne se relie jamais assez non plus. Cette phrase sibylline en forme d’effet de style demande à être expliquée.

À la relecture de cet ouvrage, je me rends compte que j’ai insisté sur deux points fondamentaux, peut-être au détriment des arguments purement techniques qui me sont pourtant tant réclamés par le public surtout professionnel. Ces piliers de ce qui a jailli spontanément de moi me paraissent à l’heure actuelle incontournables :

  1. - l’intelligence cellulaire, élément de l’intelligence universelle
  2. - la transdisciplinarité, seule « lunette » permettant vue d’ensemble et approche complète.

Je ne pense pas être le premier à avoir parlé de mémoire cellulaire, tout au moins cette idée s’est-elle imposée à moi par mes propres observations sans aucune lecture préalable d’auteurs qui l’auraient mentionnée. Je pense au demeurant que nous n’inventons rien, et que nos trouvailles ne sont jamais que des retrouvailles avec des évidences déjà amplement commentées par nos Anciens. Mais je constate que j’en étais un des pionniers, le premier à l’avoir formulée dans une technique solide et charpentée, reproductible et transmissible car appuyée sur un matériel de pointe. Ma deuxième constatation, remplie de plaisir, est que nombreux sont ceux qui ont embrayé sur cette idée et ont développé leur propre concept, ce qui semble indéniablement avoir rendu d’immenses services dans la compréhension des mécanismes cachés de l’Etre Humain.

Savez-vous que les choses bougent beaucoup en l’espace de treize ans ? Quand on travaille au développement d’une méthodologie, à plus forte raison sur sa base technique, il faut beaucoup lire, énormément se documenter et, quand on le peut, ne pas hésiter à courir d’une conférence à l’autre, pour écouter ce que les collègues ont à dire, les rencontrer, confronter les idées. Chacun a quelque chose à apporter aux autres et doit jouer impérativement le jeu de l’échange d’informations. Ceci ne peut qu’être profitable à tous, y compris à nos patients.

C’est ainsi qu’ayant assidûment potassé non seulement le symbolisme que j’aime tant mais aussi cette physique quantique qui m’intrigue, m’exaspère et me réjouit par la compréhension nouvelle du monde qu’elle implique, j’en suis arrivé à la conclusion que l’univers, l’homme, ses cellules, ne possèdent pas seulement une mémoire sous forme d’ondes porteuses d’information. Il était logique de penser que tout progrès, toute découverte, tout effort en vue de modifier une situation existante, toute solution de transformation d’un événement sont aussi des faits qui s’impriment dans le champ mémoriel de l’univers tout entier et constituent autant d’informations complémentaires venant perfectionner et compléter l’existant. Autrement dit, l’univers progresse, et ceci porte un nom très simple, très utilisé mais, si l’on en juge par les comportements humains, mal compris : l’intelligence.

L’univers serait-il donc intelligent ? C’est la question que pose Ervin Laszlo 2. Il semble en tout cas que d’une information emmagasinée à une autre qui vient la compléter, il crée des structures de plus en plus fines, complexes mais pas compliquées, simplifiées même en ce sens qu’elles se montrent de plus en plus performantes: nul ne niera, mis à part quelques intégristes qui persistent à vouloir nous faire croire que le monde a été créé en sept jours, que l’évolution des espèces et des structures est manifestement une pulsion fondamentale de cet univers créateur.

Les mentalités ont heureusement suffisamment évolué pour que nous nous rendions désormais compte que nous faisons partie de cet univers physiquement et psychiquement. L’apport de l’énergétique a été non négligeable pour comprendre que nous sommes des transformateurs d’énergie entre ciel et terre, des échangeurs d’ondes porteuses d’information. Ceci n’est pas dénué de conséquences. Cela signifiait lors de mon premier ouvrage que toutes nos structures, à toutes les échelles y compris cellulaire, possèdent une mémoire qui garantit leur pérennité, mais peut aussi, lorsque c’est un traumatisme quantiquement significatif qui s’imprime dans le champ mémoriel, nous rendre malade.

Or, l’idée maîtresse que je défends ici est que rien n’est jamais perdu, et qu’à l’information-traumatisme peuvent parfaitement se rajouter d’autres informations qui, elles, s’avèrent correctrices. C’est précisément ce qui est censé se passer dans toutes les thérapies, c’est le but, le chemin, la justification même de notre profession. Nous faisons comme l’univers, nous passons notre temps à apprendre, nous exerçons notre intelligence pour faire d’une matrice mémorielle pathogène se comportant comme une grosse bête primitive bouffant tout sur son passage une structure fine, efficace, perfectionnée et apprivoisée qui devient notre amie. Et cette intelligence qui nous permet de transformer nos faiblesses, nos fragilités voire nos maladies en une force qui nous met debout et devient le moteur fondamental de notre évolution vers qui nous sommes réellement, cette intelligence n’est jamais qu’un morceau, un remake, un hologramme, en un mot une échelle d’une intelligence bien plus vaste que la nôtre qui est celle du Champ Universel.

Le jour où nous aurons compris cela, nous sortirons enfin de cette pensée cartésienne qui nous exclut du monde qui nous entoure, nous permet impunément de le saloper et a fait suffisamment de dégâts comme cela.

Mais si le discours que je viens de tenir me passionne, l’autre idée que je soutiens et que je compte désormais mettre en avant dans toutes mes démarches est bien plus importante et fondamentale pour notre avenir dans tous les domaines. Elle part d’un constat très simple : l’explosion sans précédent des découvertes scientifiques, le nombre immense des portes ainsi ouvertes qui ont débouché chacune sur des spécialités et même des hyperspécialités dans les spécialités elles-mêmes ont rendu carrément impossible à un cerveau humain d’emmagasiner toutes les connaissances dans tous les domaines. Vous me direz, et l’idée en elle-même est logique, qu’à notre époque il n’y a rien de plus simple que d’entrer toutes les notions dans un ordinateur. Oui certes, mais tout d’abord il faudrait que ce soit vraiment un «gros cube» pour pouvoir tout stocker, et je doute fortement de l’intelligence d’un ordinateur pour établir le rapport qu’il faut quand il faut entre les divers dossiers. Quant à l’opérateur chargé de le manier, il retomberait dans le cas précédent, en ce sens qu’il serait fondamentalement incapable de tirer de sa machine une quelconque découverte ou même une vision globale.

La solution réside dans une démarche transdisciplinaire qui transcende la simple disciplinarité. Un exemple tout à fait adapté à notre sujet : je suis médecin de formation, et possède donc les connaissances classiques acquises à la Faculté. J’ai étudié l’homéopathie, qui procède d’une démarche inverse mais complémentaire. Pas trop difficile de switcher sur les deux faces du miroir. La notion d’énergie est venue s’y rajouter grâce à l’acupuncture, puis s’est vue complétée au fil des ans par toutes les démarches énergétiques auxquelles j’ai pu avoir accès, avec l’éternel dilemme de celui qui en sait trop et se trouve beaucoup plus embêté que celui qui n’en sait pas assez, en raison de la complexification des choix thérapeutiques. Si vous rajoutez à tout cela que pour bien cerner l’être humain il ne suffit pas de connaître le corps mais aussi l’esprit, l’environnement dont ils sont partie intégrante, et étendre cette culture à toutes les créations humaines, vous percevez qu’il faudrait brancher en série cinquante cerveaux d’Einstein et autant d’ordinateurs. L’énergétique débouchant obligatoirement sur la notion d’un champ d’information universel et, par voie de conséquence sur la connaissance de la physique quantique, il faudrait mettre au carré la proposition précédente. Donc, impossibilité fondamentale et absolue.

Et pourtant, l’astuce est tellement simple et évidente ! Il suffisait simplement d’y penser, et Basarab Nicolescu 3, spécialiste de la physique quantique, a su, le premier, formuler clairement que le « généraliste » capable d’embrasser d’un seul regard tout le panorama des connaissances n’avait pas forcément besoin d’être un spécialiste dans chaque discipline. C’est qu’elles ont toutes des points communs, des éléments basiques, fondamentaux et, pourrait-on dire, universels. Il n’est pour s’en rendre compte que de regarder comme l’homme, ses structures physiques, son psychisme peuvent être envisagés sous l’angle des mathématiques comme l’a fait en son temps Émile Pinel 4, ou sous celui de la psyché quantique comme l’ont remarquablement formulé François Martin et Belal E. Baaquie 5. Il suffit donc, d’une structure à l’autre, d’une échelle à l’autre, en survolant des spécialités sans aucun rapport apparent entre elles, de repérer les éléments analogues et d’établir les passerelles entre eux. En somme, appliquer les principes des mathématiques modernes, chaque spécialité représentant un ensemble dont chaque élément est connecté aux analogues en une espèce de réseaux qui rappellent de très près Internet. C’est ce qu’on appelle aussi, dans le jargon moderne, des « compétences transversales», seul moyen de mettre en bon ordre les outils : une place pour chaque chose, et chaque chose à sa place.

Et c’est ainsi qu’on peut créer une technique capable de respecter, indiquer, utiliser où, comme et quand il faut toutes les disciplines avec une justesse parfaite, ce qui, dans le cas de l’être humain, permet d’envisager chaque cas individuel dans ce qui lui convient vraiment. Parce que les passerelles, par définition, relient entre eux tous les éléments analogues de toutes les spécialités auxquelles elles sont connectées. Et, jusqu’à présent, le plus difficile à formuler et à faire comprendre a été que, bien loin de vouloir tout remplacer, jeter à la poubelle les diverses spécialités et se targuer de constituer la Médecine Universelle, l’Analyse et Réinformation Cellulaire a réussi à être et tient à rester un outil permettant à tout spécialiste de parler des autres spécialités dans leur rapport connexe avec la sienne propre, sans proférer de grosses bêtises et en sachant à tout moment diriger son patient vers ce qui s’avère formellement indiqué pour son plus grand bien.

Il est bien connu que les parallèles ne se rencontrent jamais, sauf à l’infini, et l’infini, c’est vraiment trop loin pour nous. La transdisciplinarité sonne le glas des médecines « parallèles », et laisse espérer l’avènement de médecines « convergentes ».

Et c’est cela, au fond, la philosophie qui se dégage de toute ma démarche, de tout ce que j’ai essayé de faire sentir sans pouvoir vraiment le formuler aussi bien que je l’aurais voulu, ce que je cherche à faire comprendre depuis des années : nous, thérapeutes, avons besoin les uns des autres. Chacun a parfaitement le droit, dans les ouvrages, articles et communiqués qu’il écrit, dans les conférences qu’il dispense, de mettre en avant la discipline qu’il connaît le mieux, qu’il a bien souvent travaillée de tout son cœur et de toutes ses tripes. Sur elle, il a même le devoir d’informer le public. Mais je suis obligé de constater, après trente ans de métier, quelles catastrophes engendre l’enfermement de chacun dans sa vision étroite et son refus de l’autre et de sa différence technique.

C’est le patient qui en fait les frais. Ballotté d’un mode thérapeutique, pas forcément bien indiqué dans son cas précis, à l’autre pas obligatoirement mieux adapté, déstabilisé dans sa démarche par des opinions contradictoires, il peut perdre espoir. Or c’est lui, et lui seul, notre sujet, notre objet et notre pôle d’intérêt exclusif pour lequel nous avons le devoir absolu de nous serrer les coudes et de travailler tous ensemble en synergie et même en syntonie.

Ceux qui en font leurs choux gras, ce sont les adversaires de toutes ces thérapies qui devraient converger sur le patient. Face à autant de dispersion et de conflits d’intérêts particuliers, de puissantes machines bien organisées n’ont aucun mal à faire régner la désinformation, financer la chasse aux sorcières et arroser copieusement les décisionnaires qui, à terme, finirons par légiférer de manière à transformer obligatoirement tout citoyen en consommateur de produits dont il n’a pas forcément besoin.

Et si nous, thérapeutes de tous bords, de toutes sensibilités et spécialités, faisions désormais preuve de transdisciplinarité, d’universalité et d’intelligence ?

Michel Larroche