L’insomnie est une plainte très fréquente dans la population. Elle concerne de 9 à 12% des adultes et jusqu’à 50% des personnes âgées. Elle apparaît comme une plainte primaire ou en association avec un autre problème physique ou mental. Le diagnostic d’insomnie chronique se fonde sur la plainte subjective caractérisée par des difficultés à trouver le sommeil dans un temps raisonnable, des difficultés à rester endormi, un sommeil considéré comme non-réparateur au réveil et des problèmes durant la journée. Une consultation chez le médecin généraliste suffit dans la majorité des cas pour mettre le problème en évidence. Dans des cas plus rares une mise au point par polysomnographie en labo du sommeil est demandée.
L’insomnie chronique est aussi associée à un risque accru de dépression et de consommation chronique de somnifères et d’anxiolytiques. Ces médicaments s’ils sont bien adéquats pour traiter une insomnie transitoire ne conviennent pas –sauf exception- au traitement de l’insomnie chronique. Classiquement le patient se plaint aussi de fatigue, de problèmes de mémoire, de troubles de l’humeur. Tout cela rejaillit sur la vie sociale et professionnelle.
Il existe plusieurs types de traitement de l’insomnie : médicaments, médecine non-conventionnelle mais aussi traitement psychologique et comportemental. Dans les vingt dernières années le traitement psychologique et comportemental a été de plus en plus proposé et considéré comme efficace dans la gestion et le traitement de l’insomnie chronique. Ces méthodes incluent la thérapie par le contrôle du stimulus, les interventions basées sur la relaxation, l’intention paradoxale, la thérapie cognitive et la thérapie cognitive et comportementale combinée. De nombreuses études ont été conduites pour vérifier l’efficacité et le maintien des résultats de ce traitement. Les résultats sont très encourageants pour l’insomnie primaire mais de bons résultats ont aussi été observés si l’insomnie est associée avec un autre problème médical et dans une moindre mesure avec un trouble mental. Le traitement proposé réduit la fatigue, diminue largement ou fait disparaître les symptômes de l’insomnie et améliore la qualité de la vie. Il se maintient dans le temps. La seule limite de cette approche thérapeutique est qu’elle demande à la fois du temps et une grande motivation si on la compare au traitement classique par médicaments mais, en fin de compte, malgré ces difficultés elle apporte un surcroît d’autonomie au patient puisqu’il (elle) est rendu(e) capable de faire face par lui-même/elle-même au problème.
Guy ADANT Kinésithérapeute & ergothérapeute, licencié en Sc.Méd.Soc.
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