par Olivier Soulier
L’embryologie est la science qui étudie le développement de l’être humain depuis sa conception jusqu’à sa naissance.
Longtemps considérée comme une science obscure, elle a commencé à être découverte avec les travaux des vingt dernières années sur l’importance de la vie intra utérine.
Des livres comme “ Naître “ de Lars Nielsen avec ses photos de fœtus pendant la grossesse nous ont fait découvrir avec émerveillement le développement de l’enfant.
L’embryologie nous révèle des secrets extraordinaires pour la compréhension de notre être et de notre fonctionnement. Notre vie peut nous paraître compliquée, notre corps complexe, mais à l’origine, tout est simple.
La vie revue au travers de l’embryologie se déploie dans une claire logique. Tout était simple avant d’être compliqué. Par cette voie, tout peut retrouver la simplicité et l’évidence. Reste le chemin.
ENDO - MÉSO - ECTODERME.
Le fœtus est constitué de trois couches. Chacune d’entre elles a ses spécificités et correspond à un stade de l’évolution des espèces et des êtres humains. Elles se surajoutent les unes aux autres marquant l’évolution et la complexification progressive des espèces.
- L’endoderme ( qui donne utérus et tube digestif ) c'est notre survie, la structure présente chez le vers de terre.
- L’ectoderme (qui donne système nerveux, peau et organe des sens) notre vie relationnelle, et relationnellement sexuée: la forme la plus évoluée de notre vie.
- Le mésoderme ( qui donne os, chair, muscles et glandes) est notre interface et notre adaptation. La mise en actes et en mouvements de notre vie.
Mais il est possible d’aller encore beaucoup plus loin. L’embryologie devient une source extraordinaire pour nous.
Je vais prendre quelques exemples pour vous permettre de rentrer dans cette grande aventure.
- Quand le spermatozoïde et l’ovule se rencontrent, ils sont tous les deux habillés de couches protectrices et ils doivent se déshabiller pour la pénétration.
- L’ovule est rond, sans sens ni direction. Un ballon parfait. Il se polarise dès la rencontre avec le spermatozoïde. Le coté de pénétration devient le pôle animal. Immédiatement se regroupe de l’autre coté les globules polaires ( issus des premières divisions menant à l’ovule, c’est un patrimoine chromosomique qui ne forme pas de prime abord le futur œuf. C’est aussi le symbole de l’aspect caché et non accompli du féminin; inspirateur de Mythe de Lilith). Cela devient le pôle végétal. Le spermatozoïde donne ainsi un sens à l’ovule parfaitement rond.
- Puis l’ovule fécondé fait son voyage dans la trompe, et se multiplie sans augmenter de taille à l’intérieur d’une membrane pellucide. Cette trompe est comme ces images des machines à remonter le temps. Ce cône est décrit en sens inverse dans une forme lumineuse comme l’aspect de la mort vu par les personnes qui ont fait des expériences de NDE (états de mort clinique dans les accidents et les comas dépassés; Near Dead Expérience, voir les travaux très sérieux du psychiatre américain le Dr Moody). La vie commencerait et se finirait en fait par deux trompes. Une qui concentre l’énergie et une autre qui vous emmène plus loin. Cornes d’abondance.
- Une fois, arrivé dans l’utérus, l’ensemble cellulaire quittera cette “ paix lucide “ protectrice pour atterrir en forme d’amas non formé dans la paroi de l’utérus.
- Continuons nos découvertes. Cette paroi de l’utérus est tapissée d’un endomètre dont les cellules les plus superficielles ( dites déciduales), au moment de la nidation se remplissent littéralement de glycogène (forme de stockage de sucre), et fusionnent pour former une couche compacte en surface. Concrètement, l’œuf atterrit dans une couche de sucre.
Nous avons tous en nous cette mémoire d’une abondance, où nous baignions dans la nourriture. Souvenir d’un paradis terrestre. Mémoire qui doit jouer dans toutes les formes de dépendances affectives et alimentaires. C’est la première phase de la vie terrestre. Il nous faudra ensuite apprendre à intégrer en nous cette capacité à générer nous-mêmes nos propres sources d’énergie.
C’est le coup d’envoi du chemin qui nous mène de l’abondance extérieure à l’autonomie intérieure.
- Au départ de la vie dans les formes les plus primaires de vie, il n’y a qu’un feuillet puis apparaît le deuxième, puis se forme le fameux feuillet tri dermique, point de départ de la forme animale et humaine.
La première idée serait de penser que toutes les espèces vivantes animales sont assez, voire très différentes. Que leur genèse a des origines et des formes très spécifiques.
Mais en fait un œuf fécondé, vu aux premiers stades, a le même aspect, qu’il soit destiné à donner un poisson, un oiseau, un mammifère ou enfin, un être humain.
Mieux encore, c’est ce même point de départ de vie, qui (au stade de un feuillet) peut donner une paramécie, ou une algue.
- Puis si au lieu de se développer directement, il se sépare pour donner dès après, le départ d’un deuxième feuillet, il va donner une étoile de mer et un oursin.
- Puis si au départ du deuxième feuillet naît un troisième, alors c’est la lignée des poissons, des oiseaux et des mammifères.
L’être humain n’a pas d’origine différente.
C’est simplement le même processus qui se prolonge plus loin de façon plus complexe et complète.
L’embryon humain se différencie des algues vers le 6ème jour; des oursins et des étoiles de mer, vers le 12ème jour et des larves vers le 15ème jour.
Il restera semblable aux poissons et aux amphibiens jusqu’au 17ème jour.
Il prendra une forme spécifique de mammifère que vers le 19 – 21ème jour.
Ce n’est que progressivement qu’il se différenciera de l’aspect des mammifères supérieurs en perdant sa queue et prenant l’aspect définitif d’un être humain, vers 7 à 8 semaines.
L’être humain dans son développement rejoue toute l’histoire de l’humanité depuis son début.
Cela veut dire que chaque grossesse reprend et résume à la fois l’histoire humaine, la croissance et le développement des individus (ou ontogenèse) et l’histoire de la filiation de toutes les espèces, l’évolutiondes organismes vivants (ou phylogenèse), pour arriver à l’être humain.
C’est toute l’histoire du monde qui se refait à chaque nouvelle vie.
Une vie humaine n’est donc pas seulement un pas de plus dans le monde, mais toute la vie qui se refait depuis le début pour chaque nouvel être, puis en fin de constitution vient le pas de plus. Puis chacun vivra sa propre vie. Cela veut dire que nous portons en nous toute l’histoire du monde, depuis le début.
Plus encore, nous la connaissons car nous y étions, notre conception nous l’a fait retraverser. Toute cette mémoire est portée par les chromosomes qui nous viennent de la nuit des temps, porteurs de tout ce que les êtres humains ont pu expérimenter pour devenir ce que nous sommes en capacité aujourd’hui.
Ces chromosomes ont traversé toute l’histoire, transmise comme un bâton de relais de génération en génération. Quoi d’étonnant que nous ayons parfois des mémoires “ historiques “ que nos chromosomes ont vécues. Leur programme ressert à chaque fois, un peu plus perfectionné. Mais il en est à son énième usage.
De ce fantastique chemin, issu de l’animal vers l’humanité, nous avons gardé de nombreux modes de fonctionnement animaux, autant de modes et de réflexes de survie. Quoi d’étonnant que les problèmes de vessie nous informent sur un problème de marquage sexué du territoire (comme les loups).
Sur ces couches successives, nous avons construit l’histoire et nous sommes le résumé des solutions gagnantes de la vie.
Nous sommes en quelque sorte tendus entre ces deux aspects de notre vie. Leur embryologie est à ce titre bien révélatrice.
Les cellules qui vont donner le cœur et les cellules reproductrices sont toutes les deux “ extra embryonnaires “ ou “ extra corporelles “. Cela veut dire qu’elles viennent d’une partie de l’œuf qui ne formera pas le futur enfant ( mais qui formera les annexes: placenta, membranes et cordon) Ces cellules issues de “l’extérieur” vont migrer vers l’enfant au cours de la grossesse (c’est le “va quitte ton pays” de la bible).
Pèlerins de l’histoire du monde qui vont rejoindre le nouvel être pour lui apporter les données des forces essentielles de la vie.
- Les cellules qui vont donner la base des ovocytes et des spermatozoïdes migrent en venant de l’allantoïde racine du cordon ombilical qui à cette époque n’est pas implanté sur le ventre mais plutôt à notre racine, près de notre “ queue “ (car à ce stade nous avons une queue comme les dinosaures).
C’est à dire que notre génitalité nous vient de notre cordon, de notre base, de nos origines.
- Les cellules qui vont donner l’ébauche cardiaque sont au départ devant notre tête, aussi bizarre que cela puisse paraître. Au début de notre vie, nous avons notre cœur devant nos yeux. Que d’enseignement et de sagesse aurions-nous si nous pouvions ne pas l’oublier et si cela guidait notre vie ! Puis, secondairement, il va en quelque sorte se replier et passer devant notre face pour rentrer dans notre poitrine. La crosse de l’aorte est, dans sa forme de “crosse” repliée à 180°, le témoin de cet axe qui s’est replié pour s’intérioriser. Dans les photos de fœtus vers 5 - 6 semaines. On voit bien encore le cœur devant les yeux.
Que de mémoires de cœur qui sortent de la poitrine dans les émotions ! Que de programmes en ce cœur qui doit guider notre chemin et notre vie! Car au commencement tout était clair, ce n’est que secondairement que les choses se sont compliquées et que nous pouvons perdre notre sens.
Nous sommes tendus entre la sexualité à la source et le cœur devant les yeux.
Dans cette ébauche cardiaque se trouve aussi l’ébauche du foie. Puis, lors de l’entrée dans la cage thoracique, le foie est séparé du cœur par le diaphragme pulsateur de la vie. Autour du diaphragme se trouve le foie (symbole de la famille matérielle et de la peur de manquer) en dessous, et le cœur (symbole de l’amour à l’état pur) au-dessus. La respiration, seule fonction végétative consciente, nous permet de rythmer les équilibres entre ces deux grandes forces.
Les cellules du sang ont aussi une origine particulière. Elles viennent de la poche vitelline.
Il y a deux types de placenta. Ils sont issus des grandes poches qui sont sous le ventre des embryons. Chez les oiseaux, c’est la partie la plus haute ou poche vitelline “vit tel un “ qui se transformera en placenta et nourrira le futur oiseau.
C’est de cette poche que viennent nos cellules sanguines. Elles portent en elles des mémoires d’oiseaux. Elles nous permettent logiquement de capter l’oxygène de l’air... dans lequel volent les oiseaux.
Chez les mammifères et les humains, cette poche s’atrophie et c’est une partie plus basse, l'allantoïde, qui se développe pour former le placenta.
Si les oiseaux sont branchés sur le ciel, nous, humains, sommes branchés sur la terre. Au commencement tout est clair.
Le placenta, organe fondamental de la vie in utero, va totalement disparaître à la naissance. Quelle particularité qu’une partie aussi fondamentale de nous disparaisse, emportant avec elle les
mémoires de tout ce qui a été vécu.
Toutes les expressions des maladies peuvent aussi être revues au travers de la genèse des organes.
Elle peut aussi très bien s’expliquer dans la compréhension du début de la vie.
La cellule ovogonie va se diviser par deux fois pour donner l’ovule (qui sera fécondé par le spermatozoïde). Ce processus de double division s’étend d’une génération de femme à l’autre. Il commence chez une femme, dans le ventre de sa propre mère vers 6 semaines, s'arrête en route, tout en restant “ chromosomes ouverts “, c’est à dire susceptibles de capter tout le vécu. Il se terminera pour la première division lors de l’ovulation. Cette première phase aura capté et intégré tout ce que la femme a vécu de sa conception jusqu’à son état de femme fécondable. La deuxième division commence à l’ovulation et se termine avec la pénétration du spermatozoïde. Elle capte tout le vécu de la rencontre, de la séduction, du choix du partenaire et de la réunion des désirs. Les affinités de cerveau à cerveau, tout ce qui va faire le programme de la géniale logique transgénérationnelle. Que de mémoires, il est alors facile de comprendre la base des expressions transgénérationnelles et des intentions de conception.
Pendant la vie intra utérine, il existe plusieurs circulations de sang. L’essentiel des échanges se fait sous le diaphragme au niveau du cordon. Le foie recevant un sang beaucoup plus oxygéné que le cerveau. Beaucoup d’émotions se vivent là sans jamais repasser au-dessus, dans une zone plus consciente. Plus encore, on sait maintenant que le tube digestif contient des centaines de millions de cellules nerveuses et sécrète autant de neurotransmetteurs que le cerveau. C’est lui qui sécrète la plus grande partie de la sérotonine (neurotransmetteur de la sécurité, cible d’action de tous les antidépresseurs). Un véritable cerveau dans le ventre! Un cerveau qui se programme dans la grossesse en zone non consciente et continue à influencer notre vécu.
Plus encore, c’est dans le ventre que se fera la grossesse à la génération suivante. Cela veut dire que de nombreux vécus se transmettent d’une génération à l’autre sans jamais passer au stade conscient.
J’ai voulu dans ces quelques exemples vous montrer la formidable richesse de l’embryologie. Chaque stade peut être une véritable mine de découvertes pour notre être.
Enfin, j’ai très envie de raconter l’histoire des jumeaux qui sont dans le ventre de leur mère et qui discutent. “Crois-tu qu’il y a une vie après la grossesse” dit l’un. “Je ne sais pas, lui répond son jumeau, personne n’en est jamais revenu”...