Le FIBL (L’institut de recherche de l’agriculture biologique, qui est le premier centre mondial d’information et de documentation sur l’agriculture biologique) a publié l'an passé une étude complète comparant les produits biologiques à leurs homologues conventionnels.
En reprenant près d'une centaine de références internationales, le FIBL a retenu 4 critères principaux de qualité :
- nutritionelle
- sanitaire
- organoleptique
- usage (conservation principalement)
L'impact sur l'environnment a été quantifié, et la nature des transformations subies par les produits a été analysée.Enfin, trois méthodes non conventionnelles ont été prises en compte : la cristallisation sensible, la spectroscopie par stimulation de fluorescence ainsi que les mesures bioélectroniques.
Le bilan résumé est le suivant :
- Dans la catégorie : “ plus il y en a, meilleurs sont les produits ” : Plusieurs études montrent que, dans le lait et la viande bovine des élevages biologiques, les acides gras essentiel s ont une composition plus favorable que dans les mêmes produits issus d'élevages conventionnels. La proportion d'acides gras oméga 3 et d'acide linoléique conjugué (ALC) a tendance à être plus élevée dans le lait bio. En ce qui concerne les glucides , les études ne montrent pas de différences entre produits bio et conventionnels. Les études comparatives n'ont pas non plus mis en évidence de différences significatives liées au mode de culture pour les teneurs en minéraux, à l'exception toutefois de teneurs plus élevées en magnésium et en fer dans certains légumes bio. De nombreuses substances résultant du métabolisme secondaire des plantes et bénéfiques pour la santé aux teneurs sont présentes dans les végétaux : substances anti oxydantes, immunostimulantes, anti-inflammatoires, ou encore protectrices contre le cancer ou les maladies cardio vasculaires. La plupart des résultats disponibles concernant ces substances ont porté sur les polyphénols aux propriétés anti oxydantes : les fruits et légumes bio ont tendance à en contenir davantage, de même que la vitamine C (teneurs 5 à 90% supérieure), vitamine de loin la plus étudiée.
- A l'inverse, certaines substances indésirables ont été recherchées. En ce qui concerne les résidus de pesticides , la supériorité des produis biologiques est incontestable : les produits biologiques ne renferment de résidus de pesticides que beaucoup plus rarement, et lorsque c'est le cas, les quantités sont beaucoup plus faibles que dans les produits conventionnels. Mais les produits biologiques ne peuvent pas être meilleurs que l'environnement dans lequel ils se trouvent, aussi on ne peut exclure qu'ils contiennent des résidus. En moyenne, les fruits biologiques contiennent 550 fois moins de résidus de pesticides que les produits conventionnels, les légumes 700 fois moins. Les produits biologiques ont été parfois soupçonnés de contenir davantage de mycotoxines que les produits conventionnels, notamment à cause de l'absence d'utilisation de pesticides de synthèse. De nombreuses études montrent que ces soupçons ne sont pas fondés. Une contamination des aliments par les métaux lourds et les autres contaminants de l'environnement est possible, indépendamment du mode de production. Néanmoins, certains métaux lourds peuvent être apportés par les boues de stations d'épuration, interdites en agriculture biologique. La teneur en nitrates des légumes conventionnels est 10 à 40% supérieure à celle des légumes biologiques.
- la saveur des aliments se mesure , notamment par l'étude des comportements instinctifs des animaux devant des produits biologiques et conventionnels présentés en quantité équivalente simultanément. Une tendance à une meilleure qualité gustative des fruits et légumes a été mise en évidence lors de tests réalisés avec les aliments biologiques suivants : betteraves rouges, blé, pommes, carottes.
- la conservation reste à optimiser : plusieurs études sur le comportement des produits après récolte ont montré que les produits biologiques se conservent mieux que les produits conventionnels (moins de pertes liées au déssèchement et aux moisissures), mais d'autre études ne montrent pas de différences notoires.
- l'interprétation des résultats fournis par les méthodes dites globlales est complexe et nécessite davantage de recherches. Les cristallisations sensibles réalisées sur des échantillons de blé dans une étude et de pommes dans une autre a permis de différencier de manière répétée des échantillons de produits biologiques et conventionnel. Dans dept des huit études comparatives utilisant la spectroscopie par stimulation de fluorescence, des différences ont été observées en fontion du mode de culture conventionnel ou biologique. Les résultats concernant les mesures bioelectroniques sont divergents; il est à noter que cette technique est sensible aux perturbations.
- la transformation bio est respectueuse des aliments . Les cahiers des charges sont très restrictifs concernant les 36 additifs autorisés, qui font partie d'une liste positive : les additifs non autorisés, sont par principe, interdits. De la même façon, une liste positive des 5% d'ingrédients conventionnels autorisés est actualisée chaque année en fonction notamment des disponibilités en bio ou non. Les exigences relatives aux processus de transformation peuvent varier en fonction des règlements : européen, national ou marques et organisations privées. Certains organismes privés peuvent aller plus loin que les cahiers des charges nationaux ou européens et interdire certaines pratiques : stérilisation, fabrication de jus à partir de concentrés, fumage avec arôme de fumée, restructuration de viandes avec des enzymes, pas d'utilisation de chymosine (présure obtenue à partir de microorganismes génétiquement modifiés) et préférence de présure de veau.
- l'impact sur l'environnement a fait l'objet de nombreuses études récentes portant sur les critères suivants :
Biodiversité et paysage : les ressources génétiques liées à l'agriculture, y compris les insectes et les micro-organismes sont plus grandes. La flore et la faune sont plus diversifiées et plus abondantes. Les systèmes de production biologiques contribuent à la diversification des paysages. Les surfaces conduites en agriculture biologique contribuent à relier les entre eux les biotopes naturels proches.
Sol : teneur en humus plus élevée, risque d'érosion plus réduit. Activité biologique plus élevée.
Eau : pas de risque de pollution des eaux par les résidus de pesticides, lessivage des nitrates nettement plus faibles.
Air et climat : réduction des émissions de gaz à effet de serre, tendance à la séquestration dans le sol de quantités de carbone plus importantes
Energie : Utilisation par hectare d'énergie directe (carburants et lubrifiants) et indirecte (production d'engrais et de pesticides) nettement moins élevée.
En résumé : le bio est bon pour la terre et les hommes.
Eric Viard, Agronome
Source : “Qualité et sécurité des produits bio : une comparaison avec les produits conventionnels”, Thomas Alföldi, José Granado, Edith Kieffer, Ursula Kretzschmar, Marion Morgner, Urs Niggli, Alfred Schädeli, Bernhard Speiser, Franco Weibel, Gabriela Wyss (alle FiBL); Wanda und Gernot Schmidt (Eco.Comm) - FiBL, Dossier 2006. Traduction, Claude Aubert. L'étude complète est proposée en téléchargement pour le prix de 6 Euros sur le site du FIBL : www.fibl.org ou sur le site de l'ITAB : www.itab.asso.fr