Colorations chimiques : les allergologues n’en finissent pas de mettre en garde, les industriels continuent

Lors du colloque annuel d’octobre dernier qui s’est tenu à Anger, le Groupement d’Etude et de Recherche en Dermato-Allergologies (GERDA), groupe d’allergologues international, a de nouveau publié une étude montrant l’impact lourd des colorations chimiques sur la santé. 30% des utilisatrices sont allergiques à au moins un composé et 80% d’entre elles, à trois composés. Un précédent rapport mentionnait des femmes « scalpées par brûlures chimiques », des réactions allergiques « terrifiantes » et des « gènes respiratoires, asthme, décès ». Faut-il vraiment encore y réfléchir à deux fois avant d’opter pour une coloration 100% naturelle ?

Les allergo-dermatologues sont en première ligne pour constater les dégâts qu’engendrent de mauvaises réactions aux colorations chimiques. Ils publient régulièrement des rapports d’études et des mises en garde mais visiblement, rien ne change vraiment.

Au denier colloque de du GERDA ( Groupement d’Etude et de Recherche en Dermato-Allergologie) qui s’est tenu du 16 au 18 Octobre dernier à Anger, le Dr Nosbaum du service de dermatologie-allergologie de l’ Hôpital Tenon a rapporté une étude menée dans son service sur les composés allergisants les plus fréquemment utilisés dans la fabrication des colorations chimiques. Bilan : 30% des utilisatrices sont allergiques à au moins un composé, l’allergène numéro 1 et le deuxième composé le plus utilisé par l’industrie des colorations chimiques, le p-phénylènediamine (PPD) et 80% d’entre elles sont en fait poli-sensibles à d’autres composants.
Ces tests comprenaient la PPD, la p-toluènediamine (PTD) et sa forme protonisée (le 2,5-diaminotoluène sulfate-DTS), la 2-nitro-4 phénylènediamine (ONPPD), le 3-aminophénol et le 4-aminophénol. Les tests ont été réalisés chez 99 personnes: 18 coiffeurs et 81 usagers. Six coiffeurs sur 18 (33%) et 23 usagers sur 81 (28%) avaient des tests positifs, soit 30% des personnes testées au total. Globalement, 23 patients étaient allergiques à la PPD et au moins à un autre colorant capillaire, 5 patients à la PPD seule et 1 patient à la PTD seule. Les patients allergiques à la PPD réagissaient le plus souvent à la PTD (91%), puis au DTS (52%), au 4-aminophénol (35%), à l’ONPPD (26%) et au 3-aminophénol (26%). La moitié des usagers avaient au moins 3 sensibilisations: PPD, PTD et DTS principalement.

« Scalpee par brûlure chimique, deces et reactions terrifiantes »

Dans un rapport du même groupement daté de l’année précédente, signé par le Dr Le Coz et intitulé : « les intolérances aux teintures capillaires et leur mise au point allergologique », les conclusions sont plus explicites quant aux conséquences sur la santé et dressent les cheveux sur la tête. Il y a deux grands types de réactions allergiques aux colorations capillaires, les réactions immédiates et les réactions retardées.
Parmi le premier type, les réactions immédiates, on peut noter : « des femmes scalpées par brûlures chimiques, des gênes respiratoires, asthme, décès. Liée au PPD et apparaît en moins d’une heure ».
Pour le second type de réaction, les allergies retardées, le rapport constate que « les réactions ne sont pas si tardives car elles interviennent en une dizaine d’heures. Les réactions sont souvent terrifiantes avec un maximum au 3eme jour ».

Les industriels de la coloration chimique pas concernes

Les organisateurs du GERDA avaient bien fait les choses et avaient invité l’un des plus grand représentant de ce secteur, L’Oréal, afin qu’ils apportent leur éclairage sur ces constations cliniques ou qu’ils complètent peut-être les résultats par des études internes et méconnues. Et bien, rien, personne ne s’est déplacé pour défendre son produit. Le Dr le Coz mentionne toutefois que le géant de la cosmétique s’est fendu tout de même d’un message qui tenait en quelques lignes :
« il n’y a pas d’alternatives envisageables aujourd’hui à la PPD et les chiffres élevées de sensibilisation sont à récuser car ils sont liés aux tatouages temporaires». Bref on continue comme avant, ce n’est pas de notre faute et tant pis s’il y a de la casse.

Pas guere d’autres alternatives que les colorations 100% naturelles

Pour Jean-Marc Réty, coiffeur spécialisé en colorations naturelles et riche d’une expérience de 35 ans dans la coiffure, les colorations chimiques, qu’il a utilisé à ses débuts et les colorations naturelles n’ont plus rien à voir en terme de composés. Si les teintures chimiques continuent de comporter des dizaines d’allergènes reconnus, certains produits naturels sont 100% respectueux des organismes. Les produits de teinture naturelles de la société Terre de Couleur par exemple sont les meilleurs sur le marché actuellement, non seulement en terme de beauté de couleur mais également en terme de composition très scrupuleusement choisie. De plus, les concepteurs ont mis au point un procédé de détoxination du cheveu préalable à la teinture qui permet d’évacuer les toxines et polluants des précédentes teintures chimiques qui ont pu rester dans le cheveux ou le bulbe. Evacuer les toxines et les polluants divers n’est pas inutile, loin de là : « ce n’est pas pour rien, qu’il y a un nombre supérieur de 10% de cas de cancer du sein chez les coiffeuse par rapport au reste de la population féminine » rappelle Jean-Marc Réty