Bronzage : et si l’on s’y préparait de l’intérieur !

par Christine Vallée, Dr en Pharmacie

La prise de compléments nutritionnels de beauté permettent de préparer, stimuler et prolonger le bronzage avec des carotènes naturels. Contenant des antioxydants, ils améliorent la tolérance au soleil et protègent la peau du vieillissement.

Toute la lumière sur le soleil

À 18 – 20 ans, la moitié du capital de résistance au soleil peut déjà être dépensé. L’épargner est donc l’un des premiers messages à faire passer.

° Le spectre solaire

Les rayons du soleil, dont la longueur d’onde est la plus courte, sont les plus nocifs. Rayons X, Gamma et ultraviolets C sont arrêtés par la couche d’ozone à environ 30 Km du sol. Les UVA, UVB courts et longs, IR (transportant la chaleur) arrivent à la surface du globe considérablement atténués, grâce au filtre de l’atmosphère terrestre. Atténué ne signifie cependant pas inoffensif. La quantité et la qualité des rayons reçus ne sont pas constantes. Elles varient selon 7 critères :

  • - L’altitude – à la montagne, la protection atmosphérique diminue lorsque l’altitude augmente. À 1500 m, la quantité d’UV augmente de 15 %.
  • - La latitude.
  • - La saison.
  • - L’heure de la journée.
  • - Les nuages qui atténuent davantage les IR que les UV, ce qui facilite la surexposition par suppression du «signal d’alarme calorique».
  • - La pollution (poussières et fumées soulevées par le vent) qui atténue la lumière et les UVA.
  • - La réflexion sur le sol : la neige réfléchit 75 à 95 % du rayonnement, le sable 15 à 25 %, l’herbe 10 à 30 % et l’eau 5 à 20 % .

° Les UVB (290 – 320 nm)

Même s’ils sont arrêtés par une vitre de verre et en majorité absorbés par la couche cornée, les UVB sont responsables d’érythème solaire et de désordres moléculaires (altération de l’ADN). 20 % d’entre eux atteignent la couche muqueuse de l’épiderme et 10 % vont pénétrer jusqu’au derme.

° Les UVA (320 – 400 nm)

Ils composent 98 % du rayonnement UV (la dose reçue d’UVA est 100 fois supérieure à celle des UVB). Ils traversent les vitres, la couche cornée et l’épiderme. 40 % d’entre eux atteignent le derme avec pour conséquences un vieillissement cutané accéléré et une implication dans la cancérogenèse.

Peau et soleil, le face à face

L’arrivée des rayons sur la peau déclenche une réaction photochimique et entraîne des effets physiologiques positifs (absorption de la chaleur, synthèse de vitamine D) et négatifs (production de radicaux libres, altération de l’ADN et des membranes cellulaires…). Répétées, ces réactions peuvent se traduire à long terme par une accentuation du vieillissement cutané et une induction de la dégénérescence cellulaire.

° Les manifestations cliniques

À court terme, les UVA, en oxydant les précurseurs de la mélanine, sont à l’origine du phénomène de «Meirowski», une coloration gris brun, le fameux effet «bonne mine», qui s’estompe en quelques heures. Lorsque l’irradiation solaire est importante, il apparaît dans les heures qui suivent un érythème actinique ou coup de soleil. Au banc des accusés, les UVB qui, en déclenchant une réaction inflammatoire, entraînent une vasodilatation des capillaires sous épidermiques, accompagnée d’œdèmes et de douleurs. Si l’atteinte est importante des phlyctènes (bulles) sont observées. Au bout de quelques jours, sous l’action des UV, la prolifération des kératinocytes augmente et se traduit par un épaississement de la couche cornée protégeant ainsi la peau. Les mélanocytes stimulés synthétisent la mélanine en quantité plus importante. C’est la pigmentation retardée. Plus tard, rides, affaissement des traits, peau jaunâtre, kératoses actiniques, télangiectasies, hypertrophie sébacée témoignent des effets pervers du soleil. Sans compter des effets délétères sur l’œil. Une exposition fréquente aux UV peut accroître le risque de cataracte et éventuellement celui de macula.

Les caroténoïdes

Les carotènes autobronzants sont apportés naturellement par la carotte, l’algue Dunaliella salina et le lycopène de tomate. Ils favorisent la pigmentation de l’épiderme.
Les caroténoïdes sont une famille de pigments. Carotène, caroténoïdes sont des mots dérivés de Daucus carota, le nom latin de la carotte, dont le bêta-carotène fut extrait et isolé pour la première fois en 1931.
Le bêta-carotène est le représentant le plus connu et l’un des plus répandus dans la nature et dans notre alimentation d’une grande famille de micronutriments appelés caroténoïdes. Plus de 600 caroténoïdes sont aujourd’hui connus.
Les caroténoïdes sont des pigments naturels qui apportent une coloration pouvant varier du jaune orangé au rouge violet lorsqu’ils sont à l’état libre. Ils sont à l’origine de la coloration jaune et rouge de beaucoup de fruits et légumes (carottes, tomates, melons, mangues, abricots ou pêches), de champignons et d’algues.
Dans les légumes verts sombre (brocolis ou épinards) et, d’une façon générale, dans les feuilles vertes des plantes, la couleur des caroténoïdes est souvent masquée par les chlorophylles. Elle paraît seulement lorsque les chlorophylles se dégradent, c’est par exemple le cas des feuilles d’automne.
Les animaux, pas plus que l’homme, ne sont capables de synthétiser des caroténoïdes. Aussi la couleur de certains crustacés, (homard, langouste), de poissons (saumon) ou d’oiseaux (flamant, cardinal) est-elle due à des caroténoïdes présents dans leur alimentation.
Lorsqu’un caroténoïde est associé à une protéine, la coloration peut être bleue ou verte. Le homard vivant est bleuté, il devient rouge lorsqu’il cuit. La cuisson dissocie le caroténoïde de la protéine provoquant ce changement de couleur.
Dans l’alimentation humaine, une cinquantaine de caroténoïdes sont consommés de façon relativement fréquente, une dizaine d’entre eux de façon importante et les trois principaux (le bêta-carotène, la lutéine et le lycopène) constituent 80 % des apports en pigment.
Les carottes sont la principale source de bêta-carotène, comme le sont les tomates pour le lycopène et les épinards pour la lutéine et la zéaxanthine.
Dans les compléments alimentaires, les sources naturelles de caroténoïdes généralement utilisées sont une algue microscopique, Dunaliella salina, cultivée en Australie.

° La photoprotection

Chez les plantes et les bactéries, le rôle photo-protecteur des caroténoïdes est parfaitement démontré. Les caroténoïdes participent à l’absorption de l’énergie lumineuse et la transmettent aux centres réactionnels. D’une part, ils protègent les organismes chlorophylliens de la photo-oxydation. Sans eux, sous une exposition importante à la lumière, les végétaux mourraient.
Chez l’homme, le bêta-carotène est utilisé depuis près de vingt ans dans le traitement d’affections dues à la photosensibilisation. Concernant la protection contre les effets du rayonnement du soleil, les premiers résultats tendant à confirmer l’effet bénéfique des caroténoïdes pour la peau viennent d’être présentés : traitement des affections dues à la photosensibilisation et protection contre l’action des rayons solaires.

Dunaliella salina

Cette algue est une source naturelle de bêta-carotène et d’autres caroténoïdes.
Dunaliella salina est un organisme monocellulaire, appartenant à la famille des algues vertes. Sa taille ne dépasse pas quelques fractions de millimètre. Elle vit en milieu salin, dans les océans, les mers salées et les lagunes et atteint sa croissance optimale sous une forte intensité lumineuse et un climat particulièrement chaud. Pour se protéger du stress oxydatif par l’action conjointe d’une extrême salinité et d’un puissant rayonnement, la micro-algue rougit en produisant du bêta-carotène et d’autres caroténoïdes.
Chez la Dunaliella salina, comme dans une plante ordinaire, les caroténoïdes jouent un rôle photo-protecteur fondamental. Le vert de la chlorophylle se dissimule sous l’intensité de la couleur orange des caroténoïdes. Ces derniers participent à l’absorption de l’énergie lumineuse et la transmettent aux centres réactionnels.
Ils protègent ainsi la cellule de la photo-oxydation. Sans les caroténoïdes qui exercent une action de défense anti-oxydante, la micro algues ne pourrait pas mener les opérations de photosynthèse de manière optimale et serait irrémédiablement brûlée par la lumière solaire.

Le Lycopène de tomate

Le lycopène de tomate représente la photo-protection active.

Des résultats et des preuves : les travaux scientifiques sont de plus en plus nombreux et s’accordent à démontrer l’importance des substances anti-oxydantes dans la photo-protection.
Le lycopène est considéré comme l’anti-radicalaire et le photo-protecteur le plus puissant.
Grâce à ses propriétés antioxydantes, le lycopène neutralise les radicaux libres générés par les rayons UV protégeant ainsi l’ADN, les membranes cellulaires, le collagène, l’élastine et le tissu conjonctif, des dommages oxydatifs.
Grâce à ses propriétés photo-protectrices, le lycopène est un caroténoïde précieux en ce qui concerne la protection contre les agressions photo-induites.
Ainsi les résultats d’un certain nombre d’études plaident en faveur d’une supplémentation anti-radicalaire associant le lycopène. Dans le cadre d’une étude menée sur des volontaires, il s’est avéré que le lycopène était six fois plus pigmentant et au moins trois fois meilleur anti-radicalaire que le béta-carotène. Il agit préventivement contre les effets des UV, active le bronzage, l’harmonise et le prolonge.

Le sélénium

Le sélénium, un oligo-élément précieux représente l’arme stratégique contre les radicaux libres. Dans la photo-protection, le sélénium rétablit l’équilibre cellulaire. Il protège les phospholipides membranaires de l’oxydation, préserve la structure des protéines et assure une bonne différenciation cellulaire.
Le sélénium potentialise les défenses naturelles de la peau, il diminue par exemple la photo-toxicité cutanée des UVA, UVB, responsable de la carcinogenèse. Il rétablit l’aspect festonné de la jonction dermo-épidermique et préserve l’intégrité du tissu dermique.
Les actifs anti-radicalaires permettent de préserver le capital jeunesse de la peau : bioflavonoïdes de l’extrait de raisin, sélénium et vitamine E

Conclusion

Les compléments alimentaires s’utilisent 15 jours minimum avant l’exposition au soleil ou aux UV. Nourrie intensément, la peau est parfaitement préparée. Apaisée, elle garde longtemps le bronzage après l’exposition. Une protection solaire externe est indispensable lors des expositions.

Disponible en Belgique (21€ - 120 gél) 0475 57 29 70 herbolistique@espaceboreal.be