Bourdonnements, sifflements, tintements… les « bruits dans les oreilles » sont plus fréquents qu’on ne le pense et souvent graves de conséquences. Pour échapper à cet enfer sonore, certains vont jusqu’à se suicider ! Les causes sont multiples et la médecine classique souvent impuissante. Certaines approches naturelles sont pourtant efficaces pour éviter l’apparition des troubles mais aussi pour réduire les acouphènes au silence .
Une pulsation, un sifflement, des cliquetis, un chuintement : nous expérimentons tous dans notre vie de brefs moments où nous entendons des « bruits dans notre oreille », c’est-à-dire des sons qui ne parviennent pas de notre environnement. Généralement, ces bruits disparaissent d’eux-mêmes. Mais chez certaines personnes, le problème devient chronique et altère peu à peu la qualité de la vie. Ces acouphènes sont parfois tellement bruyants qu’il est possible de les entendre en écoutant directement dans les oreilles de la personne affectée ! Mais quelle que soit leur intensité, ces bruits intempestifs peuvent rapidement devenir intolérables. En plus de provoquer de l’insomnie, de l’irritabilité et des troubles de la concentration, les acouphènes conduisent parfois à la dépression et au suicide. Chez les personnes souffrant de cette affection, on a observé une incidence particulièrement élevée de certaines maladies mentales. Selon leur cause, les acouphènes peuvent également s’accompagner d’une perte d’audition, de nausées, de somnolence, de vertiges, de douleur ou de l’impression persistante d’avoir un bouchon dans les oreilles. On estime actuellement, selon les pays, que ce problème concerne entre 10 et 20% de la population !
Une épidémie aisément explicable par trois facteurs principaux. Primo l’allongement de l’espérance de vie. Chez les aînés, le vieillissement cause souvent une détérioration des terminaisons microscopiques du nerf auditif. Or les chercheurs pensent que cette dégénérescence peut provoquer à elle seule l’apparition d’acouphènes. Secundo : la pollution sonore. Selon un étude épidémiologique anglaise, le risque de développer un acouphène augmente en effet proportionnellement au nombre d’années passées dans un milieu de travail bruyant. Outre les ouvriers d’industrie, les mécaniciens automobiles et les travailleurs de la construction, les musiciens de rock sont les personnes les plus susceptibles de manifester le trouble . Mais le simple fait d’habiter une grande ville augmente déjà significativement le risque ! Tertio, et on y revient, la musique moderne et ses ravages chez les adolescents. L’incidence des acouphènes chez les jeunes est en effet en forte augmentation depuis plusieurs années, phénomène que les experts expliquent par le fait qu’ils sont exposés à un volume de son très élevé lorsqu’ils fréquentent les discothèques, les salles de concerts, et qu’ils écoutent la radio ou leur baladeur. Or l’exposition régulière à un excès de décibels a été clairement identifié par l’OMS comme un fléau de notre époque.
Mais il y a encore foule sur le banc des accusés. Certaines maladies par exemple. L’otite moyenne, la maladie de Paget et le syndrome de Ménière peuvent causer des acouphènes puisqu’elles affectent le système auditif. Des atteintes du système vasculaire peuvent également être responsables. L’athérosclérose, notamment, rend moins flexibles les petits vaisseaux qui irriguent l’oreille. Cette perte d’élasticité fait en sorte que le sang arrive plus brusquement dans l’oreille. Enfin, l’hypertension est aussi soupçonnée de renforcer les sons internes habituellement inaudibles. L’usage de certains médicaments est également suspecté d’augmenter le risque d’acouphènes. L’aspirine, la quinine, la pilule contraceptive, certains diurétiques et certains anti-inflammatoires non-stéroïdiens de même que les antibiotiques de la famille des streptomycines figurent sur cette longue liste de produits pharmaceutiques suspects. Si elle passe par une stricte hygiène sonore (vive les boules Quies !) , la gestion du stress (sophrologie, yoga…) et la pratique régulière d’exercice physique (bon pour le système cardiovasculaire), la prévention passe également par de bonnes habitudes alimentaires. A éviter bien sûr : l’abus de sel, les graisses saturées et les excitants (alcool, café, cigarette) qui peuvent affecter le nerf auditif et exacerber sa sensibilité. Mais à fuir aussi, selon certains médecins, le glutamate de sodium, les édulcorants et colorants artificiels, les sucres raffinés…
Dans la plupart des cas, il n’existe pas de traitement médical spécifique pour les acouphènes. Les seules améliorations notables sont obtenues en soignant les maladies associées. Certains audiologistes et spécialistes ORL utilisent cependant des techniques comme le « masquage de l’acouphène » (par des sons naturels) ou la « rééducation de l’ouïe » inspirée de la méthode Tomatis (sorte de gymnastique des oreilles en écoutant de la musique de Mozart filtrée). Selon des études, l’hypnose thérapeutique et la thérapie cognitivo-comportementale aboutissent également à des résultats encourageants. Les médecines non-conventionnelles ? Bien que la plupart des essais cliniques ne permettent pas de conclure positivement, l’homéopathie et l’acupuncture revendiquent une certaine efficacité dans le traitement des acouphènes. Les thérapies manuelles, en revanche, ont de solides arguments à faire valoir : qu’il s’agisse de la chiropraxie, de l’ostéopathie, de la thérapie crânio-sacrée ou encore de la kiné à la façon du Dr Sohier, toutes ces approches sont en effet indiquées lorsque les acouphènes résultent d’un problème structurel. Or le Dr Bernard Montain , auteur d’un livre sur le sujet ( lire encadré), estime que c’est très souvent le cas : pour lui, la malocclusion dentaire peut expliquer 40% des acouphènes ! Parmi les approches peu classiques, citons enfin la phytothérapie et la nutrithérapie. Bien que les études les plus récentes demeurent contradictoires, il semblerait que le Gingko biloba soit efficace dans le traitement des acouphènes d’origine vasculaire. Cette efficacité tiendrait au fait que la plante améliore la circulation dans les capillaires qui irriguent la boîte crânienne. Côté compléments nutritionnels, ce sont surtout la vitamine B 12 et le zinc qui ont prouvé leur aptitude à soulager les symptômes. Le magnésium, le fer, le sélénium et les vitamines antioxydantes sont également préconisés par certains thérapeutes spécialisés dans cette problématique. Les vitamines de groupe B, le coenzyme Q 10 et les acides gras Omega 3 font aussi partie de leurs prescriptions visant à restaurer l’équilibre nerveux. L’équilibre global et l’hygiène de vie générale sont d’ailleurs les mots-clefs des rares médecins qui s’intéressent vraiment à ce type de plaintes : pour eux, il est limpide que les acouphènes se manifestent surtout dans des oreilles stressées et que la santé de ces dernières est étroitement liée à la santé de l’ensemble du corps (et de l’esprit). C’est pourquoi certains cabinets médicaux proposent une démarche « holistique » basée sur une anamnèse fouillée et une combinaison de traitements alternatifs adaptée à chaque individu. Les nombreux témoignages d’« acouphenistes » soulagés et même guéris plaident en faveur de cette approche pluridisciplinaire
M. M.
Se pourrait-il que la plupart des acouphènes soient d’origine buccale ? Pour le Dr Bernard Montain, cela ne fait aucun doute. Selon l’abondante littérature consultée, ce type de cause est avancée dans une proportion variant de 10 à 80% des cas. Pour le chirurgien-dentiste français, il est raisonnable d’estimer que 40% des « acouphénistes » doivent leur cauchemar sonore à la « malocclusion dentaire », c’est-à-dire au mauvais alignement de la mandibule et du maxilaire supérieur. Cette pathologie entrainerait des bouleversements dans le fragile équilibre neuro-musculaire de la région et, par voie de conséquence, dans le règlage subtil de l’oreille interne. Comment expliquer tant de bouches mal fermées ? Dans son livre sur « les acouphènes » (Editions Trédaniel) Bernard Montain fait flèche de tout bois puisqu’il accuse aussi bien le stress et l’alimentation que le manque de soins appropriés, les extractions intempestives, les amalgames douteux, les prothèse inadaptées ou l’abus de fluor. Il est vrai que le Dr Montain est aussi un naturopathe averti. En tant que tel, il estime que ce sont pas seulement la dentisterie, l’orthodontie et la stomatologie qui entrent entrent en jeu dans la problématique des acouphènes d’origine bucco-dentaire. En fin de bouquin, il plaide aussi pour une collaboration étroite avec des praticiens de disciplines comme l’étiopathie, l’ostéopathie, la chiropractie et la relaxologie. « Lorsque ces conditions sont réunies, dit-il, le succès est au bout du chemin. Ni miraculeux ni instantanés, les traitements naturels sont efficaces huit fois sur dix.
Dr Claude AMAND : 46, rue du Muguet - 7850 Enghien
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