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Que je vous raconte?: il y a quelques semaines, en vacances à la montagne, je m’aperçois que j’ai oublié mes pantoufles. Et dans l’intimité d’un joli chalet savoyard, j’aime porter des pantoufles. Avant de grimper vers les cimes, j’en achète donc une paire dans un supermarché. Pour le prix scandaleusement bas de 2,5 €, et je vous assure que je n’ai pas trouvé plus onéreux. Or, l’autre jour, en descendant l’escalier chaussé de cette camelote chinoise, la semelle lâche et je me retrouve les quatre fers en l’air en manquant de peu de me casser le tibia. L’os a résisté, mais pas l’ordinateur portable que j’avais sur les bras?! Morale de cette mésaventure?: on finit toujours par payer très cher la piètre qualité…
Il en va de même pour toute consommation, et singulièrement pour l’alimentation?: à force de comprimer les coûts, on se prépare un sacré contrecoup?! La pollution des eaux et du sol, la disparition de l’humus, les conséquences des pesticides pour la santé, la mort des abeilles, la biodiversité en berne, tout cela constitue l’immense «?dette cachée?» de l’agriculture chimique. On ne la paye pas à la caisse, mais on la rembourse déjà via les impôts. Et au final, la facture sera salée pour les générations futures. Sans cette «?externalisation des coûts?», comme disent les économistes, la bulle agro-industrielle aurait éclaté bien avant celle de la finance?! La Semaine Bio, qui se déroule du 6 au 14 juin, est l’occasion de rappeler combien l’alternative biologique représente la seule issue raisonnable aux impasses actuelles du productivisme. Mais en attendant que les décideurs se décident à réguler le marché, il faut bien admettre que se nourrir bio demeure largement un privilège de bobos. Les écarts de prix entre le naturel et le conventionnel n’incitent pas le plus grand nombre à franchir le pas. Et si la crise changeait la donne?? Apparemment, la bioconsommation ne souffre pas trop de la conjoncture et aurait même tendance à poursuivre sa progression. Histoire d’y contribuer, nous vous avons concocté un dossier (page 6 et suivantes) montrant qu’il est possible de s’alimenter sainement sans y laisser sa paye, et même de manger mieux en dépensant moins?!
En parlant d’économies, je vous en suggère une autre?: boycottez les médias qui nous abreuvent de balivernes à propos de la grippe mexicano-porcine. Ce déluge d’alarmisme et cette surenchère dans la psychose puent à plein nez la manoeuvre de la «?pharmafia?» qui gouverne nos gouvernants. Que ces derniers soient toujours prêts à engloutir le fric public dans les vaccins et les antiviraux n’est pas une raison pour vous laisser arnaquer à votre tour. Car il ne va rien se passer d’aussi grave qu’annoncé. Ni pour l’heure ni l’hiver prochain. Au moment de la grippe aviaire, j’avais déjà fait le pari que la pandémie ravageuse ne se produirait pas. Je le refais aujourd’hui. Parce que selon les justes lois de la biologie, les grippes ne se répandent dangereusement qu’à la suite de menaces sérieuses pour la survie, dans un contexte de peur collective liée à des conflits de territoire. Or j’ai beau chercher, je ne vois pas de comparaison possible entre notre époque et la fin de la guerre 14-18. De nos jours, il est bien plus risqué de se chausser made in China…
Yves Rasir