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« Si l’argent est à l’origine de tous les maux, il en est aussi la fin ». Cette accroche publicitaire de la banque Triodos, je la trouve plutôt bien choisie. Non parce que la publicité passe dans BIOINFO, ni parce que la « banque durable » est aussi notre banque, mais parce que le slogan est porteur d’un véritable message : en soi, l’argent n’est ni bon ni mauvais, tout dépend de l’usage qu’on en fait. Il est le carburant de l’économie réelle, une source d’énergie , et non une fin qui justifie tous les moyens . Il est heureux que la tempête boursière emporte les institutions financières percluses de crédits toxiques et de « produits structurés » pourris, échafaudés dans le seul but de faire du fric.
Personnellement, je n’aime guère thésauriser, ce qui revient à donner carte blanche aux banquiers. Quand j’ai de l’argent de côté, je suis pressé de le faire circuler en le dépensant ou en l’investissant. Et la prudence de « bon père de famille », je la laisse à la maison. Il y a deux ans, j’ai mis des sous dans le Pionneer Fund de Triodos, un instrument de financement des jeunes entreprises innovantes dans le domaine du développement durable. Des actions cotées 6, c’est-à-dire avec le maximum de risques. Il est un fait que le cyclone d’octobre n’a pas épargné mon petit panier. Lorsque la bourse plonge, rares sont les placements rescapés. Mais je constate qu’elles s’en tirent pas trop mal, mes valeurs d’avenir. Et en tout cas beaucoup mieux que certaines « valeurs sûres » du marché, par exemple les banques classiques ne répugnant pas à financer la fabrication de mines antipersonnelles ou de bombes à fragmentation. Tout comme les tsunamis balaient volontiers les paradis pédophiles, on dirait que les ouragans boursiers sont animés d’une certaine fureur justicière.
Du grand tohu-bohu actuel, émerge une salutaire prise de conscience : on ne peut pas continuer ainsi ! Assoiffées d’idéal, les foules sentimentales exigent des politiques éthiques s’attaquant aux horreurs économiques, sociales et écologiques. Selon la FAO, près d’un milliard de Terriens ne mangent pas à leur faim. Un être humain sur cinq n’a pas accès à l’eau potable. Moins de 100.000 privilégiés détiennent un quart des richesses mondiales. Planète folle demande mutation urgente ! Mais rien ne sert de pester dans son coin en pensant que le défi nous dépasse : comme disait Gandhi, l faut être le changement qu’on souhaite voir dans le monde. Dans mon courriel, j’ai trouvé les propositions d’un certain Richard pour incarner une grande rêve-solution : « Préférer les liens aux biens, l'être à l'avoir, le respect à l'exploitation. Cultiver l'unité, la solidarité plutôt que la séparation. Reconnaître et répartir l'abondance plutôt que d'entretenir la peur du manque. Privilégier la croissance de la conscience, l'éducation, l'ouverture du coeur. Abandonner le mythe d'une croissance économique infinie. Faire évoluer le système d'éducation visant seulement l'intégration dans le système économique. Favoriser la croissance de la richesse locale dans des communautés dotées de monnaies alternatives propres. Abolir l'usure et l'intérêt positif. Mesurer le progrès non plus par la croissance du PIB mais par des indicateurs de la richesse intérieure et du développement du bien être collectif. » C’est pas un beau programme, ça ? Ne tient qu’à nous de le mettre en actes, en tant qu’acteurs ou actionnaires….
Yves Rasir