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Vous le savez : à BIOINFO, nous sommes intimement convaincus que toute « mal a dit » trouve sa source profonde dans un mal-être psycho-émotionnel, lequel se somatise par réflexe de survie lorsque ni la lutte ni la fuite ne permettent d’échapper au trop-plein de stress. Mais vous le savez aussi : nous sommes tout autant persuadés de la pertinence des thérapies purement corporelles . En agissant sur le « soma », des disciplines comme l’ostéopathie et la chiropraxie agissent efficacement sur la psyché.
J’en ai fait plusieurs fois l’expérience. Il y a une vingtaine d’années, à un moment-charnière de ma vie, j’ai fait mon premier « tour de reins » : un lumbago carabiné qui me bloqua trois vertèbres sur cinq et qui récidiva plusieurs fois les mois suivants . J’ai essayé un tas de trucs, et c’est finalement la chiropraxie qui me tira d’affaire. Avais-je parallèlement résolu la cause psychique de mes problèmes physiques ? Sans doute. Mais c’est clairement à l’impulsion manuelle que je dois d’avoir effectué ce chemin de guérison. Cette influence curative du corps sur l’esprit, l’une de mes filles m’en a offert la spectaculaire démonstration. A six ans, elle souffrait encore d’énurésie. Et ni le décodage biologique (conflit typique de territoire) ni une psychothérapie (d’inspiration Françoise Dolto) n’avaient enrayé les pipis nocturnes. Entre les mains du chiropractor, il n’a pas fallu plus de trois séances pour que ma fille acquiert le contrôle de sa vessie. La nuit suivant les deux premières séances, elle fut la proie de violents cauchemars et ajouta des excréments à ses mictions quotidiennes. Après la troisième, son sommeil s’apaisa et ses draps ne furent plus jamais mouillés ni souillés. Qu’on ne vienne pas me parler d’heureuse coïncidence, ou m’insinuer que tout s’est passé dans le ciboulot de ma loupiote. De toute évidence, l’intervention exclusivement tactile du praticien a été le déclic d’une fulgurante maturation s’opérant en boucle rétroactive avec le cerveau. Le corps libéré avait débloqué un vieux conflit enfoui.
Car l’étage cérébral fait corps avec l’ensemble de l’organisme. Par le biais des hormones, mais aussi des neurones, dont on sait aujourd’hui que beaucoup séjournent en dehors de la boîte crânienne, notamment dans l’abdomen. C’est pourquoi il faut renvoyer dos-à-dos les tenants du « tout psy », qui se fichent de l’hygiène de vie, et les médecins Mohicans, qui font encore mine d’ignorer que leurs patients ont une tête. Au fond, ces deux tribus hostiles font partie d’une même secte de sécateurs séparant abusivement les dimensions de l’être. L’authentique démarche holistique, c’est d’abandonner l’illusion d’une santé dissociée de l’intériorité, mais aussi d’explorer la voie « bodymind », comme disent les Américains. Ce n’est pas un hasard si l’ostéopathie, la chiropraxie et la naturopathie moderne sont nées aux Etats-Unis : outre-Atlantique, la flèche du savoir a évolué du somatique vers le psychique. En Europe, la connaissance a davantage progressé dans le sens psychosomatique. Nous vivons à présent la réjouissante rencontre entre ces deux vérités complémentaires : on peut guérir par effort cognitif, en comprenant le sens des pathologies, mais aussi à l’insu de la conscience, par la seule médiation du corps. Chiros et ostéos le prouvent tous les jours en soignant avec succès les maux de dos.
Yves Rasir