SOMMAIRE

C'est bio la vie - Chouette plane`te
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Bien nai^tre : le deuil pe?Lrinatal
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Mieux connai^tre : Microclimat
Autrement Psy : Thierry Verhelst
Me?Ldecine d'aujourd'hui : la maladie
                                    de Crohn
Autant Pre?Lvoir

LIBRE PROPOS

La Belgique : stop ou encore ? Une fois n’est pas coutume, au seuil de cet été s’annonçant meurtrier, je me permets de mettre mon petit grain de sel dans le débat politico-communautaire. Non pas qu’il me passionne, loin de là, mais dans l’espoir ténu de contribuer à une meilleure compréhension mutuelle entre Belges du Nord et Belges du Sud.
Ma modeste contribution concerne un facteur clé du contentieux : les Flamands persistent à penser que nous méprisons leur langue et que nous ne faisons pas l’effort de la parler. Dans une interview célèbre, Yves Leterme se demandait même si cette mauvaise volonté ne masquait pas « une incapacité intellectuelle » des Francophones à manier le néerlandais. Beaucoup ont pris ça pour une insulte, moi j’ai apprécié la pertinence de l’intuition. Car le premier ministre ignore probablement que certains travaux lui donnent partiellement raison ! Ceux-ci sont l’œuvre du génial Alfred Tomatis, que j’ai eu le bonheur de rencontrer au début de mon parcours journalistique. Dans l’article que nous consacrons ce mois-ci à sa méthode, vous lirez que ce médecin otorhinolaryngologiste français a fait naguère une immense découverte : un être humain ne peut écouter et vocaliser que ce que son oreille entend correctement. Même si l’audition globale est bonne, l’ouïe peut en effet être fermée à certains sons correspondant à des longueurs d’ondes précises. Le professeur Tomatis a d’ailleurs inventé une « oreille électronique » pour rééduquer les tympans et soigner ainsi tout un tas de troubles physiques ou psychiques (lire page 50).
Ce qui intéresse notre propos, c’est que chaque peuple est plus particulièrement sensible à la zone de fréquence « couverte » par sa langue : de 1.000 à 2.000 hertz seulement pour un Français de Paris, et de 2.000 à 12.000 hertz pour un Anglais. Rien d’étonnant donc à ce qu’un Parisien éprouve tant de mal à troquer l’idiome de Voltaire pour celui de Shakespeare ! Les plus veinards, ce sont les Slaves et les Portugais : baignant dans un univers sonore de onze octaves, ils deviennent polyglottes presque sans effort. Les Néerlandophones ? Pas aussi vernis que les Russes ou les Hongrois, mais bien plus chanceux que les Francophones, véritables handicapés auriculaires ! Entendons-nous bien : je ne cherche pas des excuses à la paresse, ni un alibi à mon piètre bilinguisme. J’attire simplement l’attention sur le fait qu’un Francophone est « naturellement » moins doué pour les langues qu’un Flamand. Partant, il me semble que le premier devrait se résoudre à s’ouvrir plus hardiment l’oreille au contact des sonorités nordistes, et que le second pourrait témoigner d’une plus grande mansuétude envers ses infortunés compatriotes sudistes. Il est dommage que les uns s’accrochent aux facilités, et que les autres sous-estiment la difficulté à se défranciser. Personnellement, la solution de scinder BHV tout en préservant provisoirement l’usage du français en périphérie ne me scandaliserait pas.
J’entends déjà hurler : naïveté et aveuglement devant l’inexorable volonté flamande de divorcer ! D’accord, le scénario de rupture n’est plus tellement irréaliste. Mais imaginez un couple dont l’un des membres accuse l’autre de vouloir mettre fin à l’aventure conjugale : s’il a raison, il précipite la séparation ; s’il se trompe, il plombe l’ambiance pour en arriver au même point. Dans les deux cas, ça finit mal. La seule façon de pérenniser une union, c’est de faire confiance au partenaire. Et d’au moins comprendre sa langue.

 Yves Rasir

 

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