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Mauvaise passe pour les passeurs de vérité. Alors que son créateur se remet lentement d’un accident, la biologie totale suscite un acharnement médiatique sans précédent. Presse, radio, télé, tout le monde s’y met ! Plusieurs thérapeutes sont dans le collimateur de la justice, et un médecin bruxellois s’est vu interdire de donner une conférence dans une salle communale. Via un journal médical, le lugubre Dr Br. a même déclaré qu’il se verrait bien occuper un emploi public consistant à dénoncer et faire poursuivre tous les praticiens de santé s’écartant de la voie classique. On savait le zigue grand amateur de mouchardage, on ne le savait pas désoeuvré au point de postuler pour un boulot d’inquisiteur à plein temps. Certes, la biologie totale peut conduire à des dérives. Toute méthode qui prétend aider ou former autrui expose son usager à une périlleuse relation de pouvoir. Et le suivi d’un enseignement n’est pas synonyme de compétence. Mais dira-t-on que l’arithmétique est une patascience dès qu’un élève échoue en calcul ? Et lorsqu’un pont se lézarde, est-ce l’ingénieur ou la physique des matériaux qui est en faute ? La biologie totale est un système de connaissance parfaitement réfutable, et donc éminemment scientifique. Ce n’est pas en confondant la main et l’outil que ses contempteurs vont nous convaincre du contraire.
De toute façon, la meute des journaleux mal informés peut continuer à aboyer, la vérité sur la genèse des maladies n’en progressera pas moins. Deux indices parmi d’autres que le changement d’ère est dans l’air : voici quelques semaines, le conférencier Jean-Jacques Crèvecoeur est venu présenter son film sur le Dr Hamer. Non seulement les salles étaient pleines, mais les DVD sur la vie et l’œuvre du médecin allemand se sont arrachés comme des petits pains (pour s’en procurer un, rendez-vous dans notre rubrique « petites annonces », p 64). Au même moment, un livre tonitruant faisait son apparition en librairie : un neurologue français y confirme point par point le bien-fondé de la médecine nouvelle en expliquant que les pathologies ne doivent rien au hasard (lire notre rubrique « Extraits choisis » en page 46). Scanners cérébraux à l’appui, cet ouvrage valide notamment la grande trouvaille hamérienne, selon laquelle tout problème de santé vécu dans le corps peut s’observer dans le cerveau. A quand le Nobel pour cette colossale découverte ?
Evidemment, il faudra encore patienter. Certains vont sans doute décider que ce bouquin « fait scandale », tout comme l’a titré un quotidien belge à propos de la biologie totale, Mais à mon avis,c’est plutôt bon signe. Etymologiquement, le mot « scandale » signifie en effet « obstacle », « occasion de chute ». A l’origine, ce mot désignait probablement un gros caillou qui fait trébucher. Et c’est pourquoi un certain Jésus de Nazareth est qualifié de « pierre de scandale » ou de « scandale du monde » dans les Evangiles. Le Christ est celui qui a fait muter l’humanité en faisant définitivement obstacle à ce que le philosophe René Girard appelle la violence mimétique, la logique du bouc émissaire. Il est donc agréable qu’un tel vocabulaire s’applique aujourd’hui aux pionniers d’une nouvelle compréhension des maladies et aux précurseurs de leur décodage psychobiologique. Ils dérangent l’ordre établi, ils menacent des intérêts énormes. On cherche à les exécuter parce qu’ils prononcent des vérités incompatibles avec le matérialisme allopathique et la paranoïa pasteurienne. Mais leur voix ne s’éteindra pas. Bienheureux ceux qui l’entendront sans se scandaliser. …
Yves Rasir