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« Des chercheurs qui cherchent, on en trouve. Des chercheurs qui trouvent, on en cherche. » chantait malicieusement Julos Beaucarne. Au refrain du poète, j’aurais envie de rajouter que des chercheurs qui cherchent et trouvent n’importe quoi, ça court les laboratoires ! Tenez : coup sur coup, les fabricants d’OGM ont annoncé l’invention de deux chimères « révolutionnaires » : une carotte dont le calcium serait mieux assimilé par l’organisme, et un oignon qui ne fera plus pleurer les yeux. Vous avez bien lu : après la tomate extra-ferme et la patate blindée, les brillants bricoleurs de gènes volent au secours de nos tissus osseux et de nos glandes lacrymales. Franchement, ils n’ont rien d’autre à faire ? La carotte est déjà une excellente racine de santé, tandis que le bulbe perd son pouvoir lacrymogène en s’épluchant sous l’eau froide. Et si ça se trouve, les légumes transgéniques perdront peut-être dans l’aventure un part de leurs vertus anticancer. A ce stade, ce n’est même plus de la science sans conscience. C’est de la science sciemment con.
Dans le genre, des chercheurs japonais viennent également de frapper fort. D’après leur étude, les gens utilisant régulièrement un téléphone portable ne courent pas plus de risque de souffrir d’un tumeur cérébrale. Bonne nouvelle ? Le hic, c’est que ces résultats tranchent avec ceux d’études précédentes ayant abouti à des conclusions exactement inverses. La clef du mystère, on la trouve dans le détail de l’étude nippone : la norme choisie comme point de départ était l’usage du GSM « au moins une fois par semaine pendant six mois ». Vous connaissez, vous, un(e) jeune ado qui se contente d’un communication hebdomadaire ? C’est ça, l’« usage régulier » du téléphone mobile au pays du soleil levant ? Soupçonnons plutôt les chercheurs de s’être couchés devant des directives plus industrielles que scientifiques.
A propos de science et de chercheurs, on est au mois de mars : comme chaque année, un empire télévisuel va nous inciter lourdement à financer la lutte contre la leucémie. Je vous le dis tout net : moi, pas un kopek pour ce grand cirque ! Non par égoïsme ou insensibilité, mais pour la bonne et simple raison que la médecine classique est à côté de la plaque. Les personnes atteintes de cette maladie souffrent d’abord et avant tout d’un profond conflit de dévalorisation. Témoignage vécu : il y a deux ans, on a diagnostiqué chez ma filleule ce qui pouvait être le début d’une forme particulière de leucémie. Lorsque j’ai pris l’avis d’un médecin « alternatif » de mes connaissances, celui-ci m’a répondu tout de go, sans rien savoir de la situation familiale de la fillette, que ce type d’anomalie sanguine survenait typiquement chez les enfants dont les parents se séparent douloureusement et se disputent la garde de la progéniture. En plein dans le mille, docteur ! Comme tout traitement, ma filleule a reçu des paroles rassurantes et déculpabilisantes. Ses paramètre sanguins se sont normalisés et, à ce jour, les hématomes inquiétants ne sont pas réapparus. En voilà une qui ne fera pas pleurer dans les chaumières via le petit écran. Personnellement, je préfère larmoyer devant de vrais oignons.
Yves Rasir