SOMMAIRE


Suite à mon libre propos du mois dernier, on m’a demandé le sens du mot « prescience ». Etymologiquement, il dit bien ce qu’il veut dire : c’est une science qui précède la science, une connaissance anticipée et intuitive de ce que la raison confirmera par la suite. Je désignais ainsi l’avantgardisme de certaines médecines naturelles et de nombreuses thérapies novatrices qui me semblent s’inscrire dans le changement d’ère ambiant, à savoir une compréhension globale de l’être humain comme trait d’union entre la biosphère et le cosmos. A la réflexion, le terme était peut-être mal choisi. Il désigne en théologie la faculté divine de connaître l’avenir et, par extension, le pressentiment de ce qui va arriver. Or ce n’est pas une quelconque vertu divinatoire qui me semble intéressante dans les approches parallèles de santé, mais au contraire leur assise scientifique et rationnelle. En d’autres mots, ce que devine le cerveau droit en son esprit de synthèse ne me paraît digne d’intérêt que si le cerveau gauche, analytique et raisonnant, n’y apporte aucun démenti. Alliance de la rigueur et de la sensibilité, la vraie médecine holistique opère ainsi la jonction entre les deux hémisphère cérébraux. Ni l’un, ni l’autre, mais la synergie des deux ! Trop souvent, hélas, l’un prend le pas sur l’autre.Chez mes amis homéopathes, par exemple, ou chez les praticiens de florathérapie, les intuitions de Samuel Hahnemann et d’Edward Bach font fréquemment offi ce de vérité révélée. J’ai aussi du mal, je l’avoue, avec certaines thérapies « énergétiques » peu ou pas validées cliniquement et absentes des laboratoires. En comparaison, des disciplines comme l’aromathérapie, la phytothérapie ou la nutrithérapie rassasient bien davantage mon cerveau occidental. Lequel est carrément à la fête avec l’hygiénisme naturopathique, la médecine nouvelle du Dr Hamer ou la biologie totale du Dr Sabbah. Ce qui est curieux, c’est de rencontrer de la non science là où on s’attendrait à découvrir arguments sensés et raisonnements logiques. Dans le domaine de la nutrition notamment.Contre toute évidence, on nous répète par exemple que les régimes hypo glucidiques sont à la fois inefficaces et dangereux. Une étude parue dans le JAMA vient pourtant de démontrer, « à la grande surprise des chercheurs », que la méthode Atkins faisait maigrir sans graisser les artères (1). Chez BIOINFO, ça fait longtemps qu’on dit que l’orgie de glucides est bien plus alarmante que les excès lipidiques. Il est vrai que nous dénigrons aussi la (sur) consommation des produits laitiers. Mais ici encore, notre « prescience » est validée par les faits : une fois déjoués les mensonges et la propagande (lire notre rubrique « extraits choisis » en page 46), il n’est plus permis aujourd’hui de considérer le lait de vache comme un aliment sacro-saint(t). Ce n’est qu’un détail, mais une étude vient encore de révéler qu’un simple nuage lacté dans une tasse de thé annihilait complètement l’effet cardioprotecteur de l’infusion (2). Et des recherches récentes sur la résistance à l’insuline vont jusqu’à incriminer les yaourts ! N’en déplaise aux adeptes du « diététiquement correct », l’information que nous privilégions n’a rien d’idéologique. Elle est juste un peu en avance sur son temps.
Yves Rasir
(1) Journal of the American Medical Association.
(2) Européen Heart Journal