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Le mercredi 7 mars prochain, si vous n’avez rien de plus épanouissant à faire en soirée, allumez la télé et regardez l’émission « C’est la Vie en plus », sur la première chaîne de la RTBF. Intitulée « À quels soins se vouer ? », elle est consacrée cette fois-ci aux médecines alternatives. Elle a été enregistrée le 14 février dernier et j’y étais invité à parler dans une séquence consacrée à la biologie totale des êtres vivants. A mon corps défendant, je dois le préciser : c’était normalement un docteur en médecine qui devait intervenir sur le plateau, mais l’Ordre des médecins lui a formellement interdit de parler. Les autres médecins contactés se sont également désistés, par crainte de subir les lourdes peines infligées par les pontes médicaux à leurs confrères pensant et pratiquant différemment. J’y suis allé, parce que je trouve ce climat inquisitorial inacceptable et que j’en ai un peu marre d’assister au lynchage médiatique de médecines « parallèles » à mes yeux avant-gardistes. Certes, cette émission ne restera pas dans les annales télévisuelles. En voulant trop embrasser, elle étreint assez mal toutes les approches survolées à un rythme accéléré. Phytothérapie, naturopathie, homéopathie, ostéopathie, kinésiologie, hypnose, sophrologie, chant holistique : le menu est trop copieux et ne permet pas d’apprécier chaque plat à sa juste saveur. Au final, on a l’impression d’avaler une grosse soupe dans laquelle un lourd cheveu – en l’occurrence une séquence totalement déplacée sur la voyance – a été rajoutée comme pour faire plaisir au Dr Jacques de Toeuf. Car ce monsieur, par ailleurs activement impliqué dans la répression anti-médecines douces à Bruxelles, était convié à faire des commentaires sur chacune des méthodes évoquées. Le sourire moqueur aux lèvres et le mot « placebo » collé sur la langue, ce triste sire ne s’est pas privé de (presque) tout critiquer, en dépassant allègrement son seuil d’incompétence et en manifestant un irrespect complet pour certains de ses interlocuteurs. Avant-dernier à faire les frais de ses jugements narquois, j’ai commis une erreur que je confesse volontiers : je me suis un peu énervé de l’entendre prononcer des énormités. J’aurais dû rester zen mais je me suis pris au jeu de la polémique, alors que le Dr de Toeuf se débrouillait très bien tout seul pour se couvrir de ridicule. A un moment, par exemple, j’explique que la médecine nouvelle peut prouver, grâce aux scanners cérébraux, que la plupart des maladies ont un impact visible dans le cerveau. Preuve difficilement niable que le stress psycho-émotionnel est à la base de nombreuses affections organiques. Et que fait le sieur de Toeuf ? Il me rétorque en substance que « les scanners, c’est comme le marc de café, on peut y lire ce qu’on veut ». Voilà où en est aujourd’hui la médecine archéo-cartésienne classique: elle a tellement peur d’affronter la contradiction qu’elle lui impose le silence et qu’elle en arrive à discréditer ses propres outils. Invitée vedette de la soirée, Rika Zaraï venait présenter son livre « l’espérance a toujours raison ». Encore faut-il que la raison ne déserte pas désespérément l’encéphale des contempteurs de la biologie totale…
Yves Rasir