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Bientôt la période de fêtes. Avec ses réveillons, ses cotillons, ses soirées dansantes. Y dansera-t-on seulement le « slow ». ? L’autre soir, je me suis retrouvé fortuitement dans une boîte de nuit et j’y ai constaté qu’on n’y pratiquait plus guère cette danse lente exécutée en couple, les partenaires se tenant étroitement enlacés joue contre joue. Je me suis fait la réflexion qu’en musique aussi, la génération fast-food semblait plus attirée par la vitesse et l’agitation. En écoutant plus tard le superbe « slow down », sur le dernier CD de Laurent Voulzy, je me suis cependant dit qu’il fallait alerter les jeunes d’aujourd’hui : ne vous laissez pas piéger par le rythme trépidant de notre époque stressée et pressée! Levez-le pied, appréciez aussi les longueurs et langueurs de la vie ralentie, sachez profiter de moments où vous laissez du temps au temps, révoltez vous contre la dictature de la rapidité ! Il y a mille et une façons de subvertir cette société du rapido presto. Se déplacer à pied ou en vélo par exemple. Préférer le tai ji quan à l’aérobic. Le piano bar à une disco techno. Le thé à l’expresso. Le petit cordonnier à un Mister Minit. Pendre les guirlandes en décembre et non en novembre. Remplacer un courriel par un courrier. Entamer une psychanalyse. Et tutti quanti. Mais surtout : manger moins vite et autrement ! Le plaisir de préparer et de déguster un repas se fait en effet trop rare. A l’ère de la restauration rapide et des plats précuinisés, la résistance à la malbouffe passe forcément par la gastronomie ! Connaissez-vous à ce propos le mouvement « Slow Food » ? (1) Lancé par Carlo Pétrini en 1989 , à la suite de la construction d’ un Mac Donald’s dans le cœur historique de Rome, cette association compte aujourd’hui 82.000 adhérents à travers le monde. Militant pour la préservation des terroirs, des agricultures paysannes locales et des patrimoines culinaires, elle a notamment lancé « le manifeste pour le goût et la biodiversité ». Inutile de vous dire à quel point cette fronde italienne nous réjouit et à quel point nous partageons ce combat désormais planétaire. En page 47, nous publions quelques bonnes feuilles du nouveau livre de Carlo Petrini. Ce qui nous comble également de satisfaction, c’est le virage amorcé par la Wallonie dans sa politique agricole. Sous l’impulsion de son ministre Benoît Lutgen, la Région Wallonne soutient enfin activement l’agriculture biologique. Et comme il l’a confié à Didier Dillen (lire page 5), ce jeune politicien dynamique est lui-même un accro du bio ! Sans doute l’évolution des lois et des règlements est-elle encore trop timide et trop lente. Mais après vous avoir vanté les charmes du « slow », il serait malvenu de ma part de fouetter l’attelage. Bonnes et heureuses fêtes et rendez-vous en février 2007 !
Yves Rasir