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Conservateur, réactionnaire, intégriste, facho…Mon « Libre Propos » du mois de septembre dernier m’a valu plusieurs critiques polies mais aussi une belle volée d’injures et de menaces de la part de lecteurs indignés. Je m’y attendais un peu : en quelques lignes, j’avais exprimé des opinions qui demanderaient de longs développements pour être bien comprises. Ce que la concision permet de gagner en percussion, elle le perd forcément en nuances et en précisions nécessaires. C’est pourquoi j’avais cité dans mon éditorial deux ouvrages du psychologue Tony Anatrella, en espérant que leur lecture permettrait de saisir la pertinence d’une analyse selon laquelle la santé d’une société se jauge à son respect de valeurs éternelles et de lois naturelles. Malheureusement et à l’unanimité, mes détracteurs m’ont cloué au pilori sans avoir ouvert les deux livres évoqués. Je ne peux que les inciter une nouvelle fois à le faire. En attendant, petites mises au point. Il est vrai que je suis membre d’un mouvement spirituel - l’Eglise Catholique - dont j’ai franchi plusieurs étapes initiatiques (baptême, communions, mariage) et à laquelle je reste attaché malgré mes crises de foi à répétition. Mais je n’ai aucune affinité ni aucune accointance avec aucune secte intégriste d’aucune sorte. De même, les idées politiques d’extrême-droite me sont totalement étrangères. Il y a 30 ans, lorsque j’en avais 16, je récoltais des signatures pour ce qui allait devenir le parti Ecolo. Aujourd’hui encore, le vert est la couleur que je préfère. Je n’ai jamais renié non plus mon passé d’objecteur de conscience et de militant tiers-mondiste. Ce n’est pas en me collant des étiquettes que certains vont réussir à m’intimider. D’ailleurs, j’assume pleinement deux d’entre elles : oui, je suis un conservateur et un réactionnaire ! J’aimerais notamment conserver des rivières propres et revenir au temps où nos grands-parents pouvaient se baigner dans les fleuves. J’aimerais conserver la biodiversité en péril, un environnement sans OGM, le savoir-faire des paysans et des artisans, un pays uni où le bilinguisme est vécu comme une richesse, un enseignement qui forge des âmes et non des machines à produire, et tant d’autres choses encore !… L’erreur est funeste de confondre progrès et saccage du passé. Ce sont au contraire les traditions, par exemple la médecine par l’argile (lire notre dossier page 6), qui recèlent souvent des solutions d’avenir. Au sens exact du terme, je suis également un incorrigible réactionnaire, autrement dit quelqu’un qui réagit aux situations qu’il juge intolérables. Comme dit l’écrivain Jean Clair, « les réactionnaires d’aujourd’hui sont les révolutionnaires d’hier. Ils n’acceptent pas la « bonne-pensance » d’aujourd’hui qui est une démission de la pensée ». (*) Et qu’est-ce qu’un homme révolté ? C’est un homme qui dit oui à la vie. Fût-elle embryonnaire.
Yves Rasir