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J’ai mal. Cet été, en plein cœur d’une si douce saison invitant à la joie de vivre et aux plaisirs naturels, une de mes nièces est morte d’une overdose. Céline avait 23 ans. Etait jolie, intelligente, pleine d’atouts pour faire un long et agréable séjour sur terre. Mais sa courte existence s’est achevée misérablement dans l’illusion d’un septième ciel factice. J’ai mal à notre époque dont le matérialisme et l’individualisme oppressants désespèrent la jeunesse et la pousse dans l’enfer des paradis artificiels. J’ai mal surtout à cette société que Tony Anatrella qualifie si lucidement de dépressive (1). Selon ce psychanalyste chrétien, il y a au moins quatre tendances contemporaines qui peuvent être interprétées comme autant de symptômes d’une dépression collective : la polytoxicomanie, le suicide des adolescents, l’épidémie de divorces et la banalisation de l’homosexualité. Dans une interview qu’il nous accordait en décembre dernier (2), l’auteur du « règne de Narcisse » ajoutait que les politiques belges en ces matières (stupéfiants sur ordonnance, séparation express, mariage et adoption homo…) et en d’autres domaines (légalisation de l’avortement et de l’euthanasie, procréation assistée, gratuité de la pilule…) ne feraient qu’empirer la régression en cours et se traduiraient par un mal-être croissant parmi les jeunes générations. Cet été encore, la Belgique a fait fort. Le cartel IVGiste a repris sa croisade pour élargir le droit d’interrompre les grossesses et un autre lobby veut maintenant faciliter les procédures de changement de sexe. Quel rapport avec Céline ? Plus étroit qu’il n’y paraît. A nier que la Vie appelle la vie et que la nature possède ses lois, on ne fait pas que désenchanter le monde : on le déshumanise. J’ai mal aussi au système médical qui se targue d’humanisme et dont ma nièce a subi longtemps le joug pharmacologique. Des années durant, elle n’a fait que passer des drogues illégales aux drogues légales et inversement. Que de médicaments psychotropes avalés, de doctes docteurs accros à la prescription, de psychiatres dingues de la camisole chimique ! Pour rien ou peu s’en faut. Et tout au long de ces traitements maltraitants, jamais le courage d’une remise en cause ni d’une recherche approfondie des causes. Jamais l’audace d’une voie nouvelle ni d’une alternative naturelle. Quand je pense qu’un toubib tocard passe son temps à guerroyer contre les médecines douces, je me demande ce que j’attends pour fonder une association de victimes de la médecine classique. Vos témoignages et vos messages d’adhésion peut-être? Pour l’énergie de départ, ma colère suffira amplement.
Yves Rasir