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On nous bassine avec les frères Dardenne, mais il y a aussi les frères Horn ! A la tête des laboratoires Ortis (Voir Santéchos en page 45), Philippe et Michel Horn ont réussi à faire de cette petite entreprise familiale un fleuron de l’économie wallonne et une référence mondiale dans le secteur des compléments alimentaires à base de plantes. Tout le mérite de cette Success Story revient bien sûr à ses acteurs principaux, les dirigeants et le personnel de l’entreprise. Mais pour Michel Horn, le secret de la réussite réside aussi dans le fait que la Belgique serait un « paradis de la phytothérapie » !
Sur le plan de la réglementation, notre pays passe en effet pour un modèle à suivre. Grâce à un Arrêté Royal de 1997, les produits de santé naturelle sont vendus librement dans des conditions garantissant la sécurité du consommateur. Grâce à de nouvelles règles fixées en mars dernier, les pouvoirs publics ont même précisé pour chaque plante la quantité de principes actifs autorisée. Partout en Europe, la législation belge est citée en exemple. Une directive européenne de 2002 s’en est même largement inspirée pour baliser la voie de l’harmonisation au sein de l’Union. Cette clarté normative et la sécurité juridique qu’elle engendre expliquent en partie que la firme Ortis ait pu multiplier investissements et initiatives.
Le paradis est cependant pavé de pièges. Pour être assimilés à des nutriments et non à des médicaments, les compléments alimentaires ont d’abord dû abdiquer toute ambition thérapeutique. Textuellement, les plantes librement accessibles ne peuvent plus ni prévenir ni guérir mais seulement nourrir, et ce dans la limite étroite des dosages officiellement recommandés. C’est une concession énorme aux firmes pharmaceutiques et à leur monopole sanitaire abusif. Ensuite, et c’est la conséquence logique de cette abdication, les plantes médicinales risquent d’être privées du droit d’alléguer des bénéfices pour la santé ! En Belgique, un fabricant vient ainsi d’être traîné en justice au motif que sa pilule de plantes aphrodisiaques se faisait passer pour un remède à l’impuissance. Régulièrement, nos annonceurs se font verbaliser pour avoir osé citer des noms d’organes ou de pathologies. Selon le « principe général » retenu pour la future directive européenne, l’étiquetage, la présentation et la publication des compléments alimentaires ne peuvent même pas évoquer « des propriétés de prévention ou de traitement d’une maladie humaine ».
Bref, s’ils se laissent faire, les producteurs de remèdes naturels pourront toujours produire mais ne pourront bientôt plus rien dire. La meilleure façon de les soutenir ? Continuer ce que vous venez de commencer. Dans de nombreuses rubriques, BIOINFO informe en effet ses lecteurs sur les bienfaits avérés (empiriquement ou scientifiquement) des aliments et suppléments nutritionnels. C’est notre droit d’écrire la vérité et personne ne pourra nous en empêcher.
Yves Rasir