La dent du furet...

Une dent contre les vétérinaires « experts » de la grippe aviaire
Il y a quelques semaines, c’est la Pologne qui a été touchée par l’épidémie de bêtise qui se répand à chaque fois qu’on observe quelque part la présence du virus de la grippe aviaire : les pompiers emballés de plastique blanc sont entrés en action pour isoler les élevages et arroser les chemins de désinfectant, tandis que leurs collègues exterminateurs procédaient à l’élimination de millions de malheureux poulets contaminés. Contaminés peut-être, mais a-t-on seulement vérifié qu’ils étaient malades ?
Au mois de novembre, des chercheurs de l’Institut Friedrich Loeffler de Riems, en Allemagne, ont découvert que des canards d’élevage étaient porteurs du virus H5N1. Ils ne présentaient pourtant aucun signe clinique de la grippe aviaire et les statistiques de mortalité étaient parfaitement normales. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), il se pourrait donc que le virus soit présent de façon permanente dans certaines parties d’Europe, et que sa circulation soit beaucoup plus importante qu’on le croyait précédemment. On a aussi identifié le virus chez des poulets et des oies domestiques en excellente santé. Bref, comme la plupart des maladies dites contagieuses, la grippe aviaire peut faire des ravages dans les élevages de volaille, mais peut aussi passer inaperçue dans une population de volatiles considérés alors comme des « porteurs sains ». C’est la preuve évidente que le virus est inoffensif lorsque le système immunitaire de ses hôtes fonctionne normalement. Car comme l’aurait admis Pasteur sur son lit de mort, « le microbe n’est rien, le terrain est tout » !
Mais croiriez-vous que nos brillants experts vétérinaires arrivent à cette conclusion ? Que nenni : le phénomène des « porteurs sains » est au contraire interprété comme une menace supplémentaire : l’ennemi est dans nos murs, il est partout, il va frapper aveuglement si on ne cloître pas préventivement tous les animaux à plumes ! Au lieu de se réjouir des observations allemandes, la FAO préconise de nouveaux plans d’exterminations à la moindre résurgence d’un foyer viral. Et peu importe si le bourreau décime de robustes poulets bio de plein air ou s’il achève de misérables poulets de batterie immunodéprimés : tous au bûcher !
Moi, j’ai une dent contre les vétérinaires qui cautionnent une politique aussi stupide . Le fait qu’eux mêmes ne succombent pas au ridicule est pourtant l’éloquente démonstration qu’on peut survivre sainement à une situation potentiellement pathologique.
Le Furet